Alors que les affaires Lyhanna et Bruel continuent d’ébranler l’opinion, une ancienne membre de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) interpelle la droite. Dans un texte publié ce jeudi, Florence Portelli, également vice-présidente des Républicains, estime que la formation politique qu’elle représente doit rompre avec un silence qu’elle juge préjudiciable face à un fléau qui touche des milliers d’enfants chaque année.
Un appel à une « exigence politique »
« Sur les violences sexuelles, la droite doit sortir du silence », écrit Florence Portelli. Elle considère que la protection des mineurs victimes de violences sexuelles ne saurait se réduire à des mesures ponctuelles ou à des déclarations d’intention. L’élue réclame une « exigence politique » à la hauteur de l’urgence décrite par les associations et les institutions.
Son intervention intervient dans un contexte marqué par la mort de Lyhanna, une enfant dont le décès a ravivé les interrogations sur les défaillances des systèmes de protection de l’enfance et de la justice pénale. Sans évoquer directement les suites judiciaires de cette affaire, Florence Portelli souligne la nécessité de ne pas laisser retomber la mobilisation collective.
Le rôle de la droite dans la lutte contre les violences faites aux enfants
La vice-présidente des Républicains pointe ce qu’elle perçoit comme un manque d’engagement de son propre camp sur ces questions. Selon elle, la droite doit « sortir du silence » et prendre toute sa part dans la construction de réponses pérennes. Elle estime que les victimes et leurs familles attendent des actes concrets, et non des simples condamnations morales.
Florence Portelli rappelle que la Ciivise, qu’elle a quittée depuis, a formulé des propositions précises, notamment en matière de formation des professionnels, de suivi des agresseurs et de meilleure coordination entre les services de l’État. Elle appelle à ce que ces recommandations ne restent pas lettre morte, mais soient reprises et défendues par les forces politiques, y compris par la droite qu’elle représente.
Une tribune qui relance le débat
Cette prise de parole intervient alors que plusieurs voix s’élèvent pour demander des comptes sur les dysfonctionnements qui ont pu conduire au drame de Lyhanna. Si la tribune de Florence Portelli ne détaille pas de mesures législatives précises, elle entend peser dans le débat public pour que les violences sexuelles sur mineurs deviennent une priorité politique transversale, au-delà des clivages partisans.
« Il reste un long chemin à parcourir pour mieux protéger les femmes et les enfants », conclut-elle, appelant ses collègues de droite à ne pas se contenter d’une approche répressive mais à construire une politique de prévention ambitieuse.
Un contexte judiciaire et politique tendu
La disparition de Lyhanna a provoqué une vive émotion dans tout le pays et relancé les critiques sur la manière dont les signalements de violences sexuelles sont pris en charge. Plusieurs parlementaires de différents bords ont annoncé des propositions de loi visant à renforcer les contrôles et les sanctions. Florence Portelli entend, avec ce texte, que la droite ne reste pas en retrait de ce mouvement.
Cette intervention pourrait toutefois créer des tensions au sein des Républicains, où certains responsables estiment que les questions sociétales ne doivent pas occulter les thèmes traditionnels du parti, comme la sécurité ou l’économie. Mais pour l’ancienne membre de la Ciivise, il s’agit d’un impératif moral et politique qui ne saurait attendre.