La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a qualifié ce lundi de « mauvaises réponses » les propositions d'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs et de castration chimique, formulées après le meurtre de la petite Lyhanna.

Interrogée sur les suites à donner à ce drame, la responsable politique a estimé que ces deux mesures, bien que souvent évoquées dans le débat public, ne constituaient pas des solutions efficaces. « L'imprescriptibilité ne règle pas le problème de la récidive et la castration chimique pose des questions éthiques et médicales majeures », a-t-elle expliqué.

Yaël Braun-Pivet a insisté sur la nécessité de renforcer la prévention et la protection des enfants, plutôt que de se focaliser sur des sanctions pénales jugées spectaculaires mais peu opérationnelles. Elle a évoqué un travail parlementaire en cours pour améliorer le repérage des situations de danger et la formation des professionnels.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de vive émotion après la mort de Lyhanna, une fillette de 6 ans, tuée par un récidiviste. L'affaire a relancé le débat sur les moyens de lutter contre les violences sexuelles sur mineurs, avec des appels à durcir la législation de la part de plusieurs élus.

La présidente de l'Assemblée a également rappelé que des dispositifs existent déjà, comme le fichier des délinquants sexuels ou les obligations de soins, mais qu'ils doivent être mieux appliqués. Elle a plaidé pour une approche globale, associant prévention, suivi judiciaire et prise en charge thérapeutique.

Cette prise de position a suscité des réactions contrastées. Certains élus de droite et d'extrême droite ont critiqué un manque de fermeté, tandis que des associations de défense des droits des enfants ont salué une approche « pragmatique et humaine ».

Yaël Braun-Pivet a conclu en appelant à ne pas céder à la « surenchère sécuritaire » et à privilégier des réponses « efficaces et respectueuses de l'état de droit ».