La dépouille de l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l'Iran assassiné le 28 février lors d'une opération militaire conjointe des États-Unis et d'Israël, est arrivée dans la ville sainte de Qom, située au sud de Téhéran. La télévision d'État a diffusé des images montrant un hélicoptère transportant le cercueil se poser dans cette localité, où une procession funéraire est programmée pour le lendemain.

Cette arrivée survient après trois journées d'hommages massifs dans la capitale. Un camion portant les corps de Khamenei et de quatre membres de sa famille – dont sa petite-fille âgée de quatorze mois – a lentement traversé les artères principales de Téhéran jusqu'à la place Azadi, à l'ouest de la ville. Les images retransmises par les médias officiels montrent des foules compactes s'étendant sur les grands boulevards, et les autorités ont évoqué la présence de plusieurs millions de participants, un chiffre comparable aux immenses rassemblements qui avaient accompagné les funérailles de l'ayatollah Ruhollah Khomeini en 1989.

Vêtus de noir, les participants jetaient des pétales sur les cercueils. Un homme se présentant sous le prénom de Hamid a déclaré que « les États-Unis et Israël voulaient diviser l'Iran, mais notre leader a empêché cette division ». Une autre femme, Marzieh, a affirmé être venue « dire à notre leader martyr que son sang n'est pas perdu et renouveler notre allégeance ». Les autorités religieuses orchestrent ces cérémonies sur six jours, mêlant déplacements de la dépouille dans plusieurs villes saintes, dont Qom et Machhad, où l'inhumation doit avoir lieu.

L'absence persistante de Mojtaba Khamenei

Le successeur désigné et fils du défunt, le guide suprême Mojtaba Khamenei, n'a toujours pas fait d'apparition publique. Nommé une semaine après la mort de son père, il n'était pas présent au cortège funèbre. Mohammad Eslami, chercheur à l'université de Téhéran, a expliqué que Mojtaba Khamenei ne pouvait assister aux obsèques « parce que la guerre n'est pas finie », en référence au cessez-le-feu fragile qui prévaut entre l'Iran, les États-Unis et Israël. Cette absence prolongée suscite des interrogations sur la continuité du pouvoir et sur la sécurité du nouveau guide suprême.

Le contexte de conflit pèse sur l'ensemble des commémorations. La frappe initiale a non seulement coûté la vie au guide suprême, mais aussi à plusieurs membres de sa famille, provoquant une onde de choc dans le pays. Les cérémonies sont présentées par le pouvoir comme un moment d'unité nationale, mais elles se déroulent alors que la guerre n'est pas officiellement terminée et que les tensions régionales restent extrêmement vives.