L'armée américaine a révélé qu'elle intercepte désormais quotidiennement des drones iraniens dans le détroit d'Ormuz, une artère maritime cruciale pour le transport pétrolier mondial. Cette annonce, faite dans un communiqué officiel, marque un changement de ton : les précédentes déclarations faisaient état d'opérations ponctuelles, tandis que Washington évoque aujourd'hui une activité soutenue et continue.

Selon des responsables militaires américains, ces engins sans pilote sont repérés alors qu'ils survolent la zone, parfois en direction de navires marchands ou de bâtiments de guerre. Les interceptions sont menées par des chasseurs et des systèmes de défense aérienne déployés dans la région. Aucun tir n'a atteint sa cible, assure-t-on côté américain, et aucun dégât n'a été signalé.

Un détroit sous haute tension

Le détroit d'Ormuz est le théâtre d'affrontements indirects entre les États-Unis et l'Iran depuis plusieurs semaines. Les deux camps ont multiplié les frappes et les ripostes, notamment autour des îles et des bases du Golfe. Mi-juin, Téhéran avait qualifié le cessez-le-feu proposé de « pratiquement dénué de sens » après de nouvelles frappes américaines sur une île iranienne. En représailles, l'Iran avait revendiqué des tirs contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie.

Les interceptions quotidiennes de drones s'inscrivent dans ce cycle de violence. Pour les analystes, une telle répétition suggère que Téhéran teste les défenses américaines ou cherche à perturber la navigation. De son côté, le Commandement central américain (Centcom) affirme agir en légitime défense et protéger le libre passage dans les eaux internationales.

Pas de commentaire de l'Iran

Aucune réaction officielle iranienne n'a été rendue publique dans l'immédiat. Ces dernières semaines, les Gardiens de la Révolution ont revendiqué des attaques contre des « bases ennemies » et assuré avoir visé des positions hostiles en riposte aux bombardements américains. La communauté internationale suit de près la situation, craignant un embrasement régional qui pourrait entraîner une perturbation majeure des approvisionnements énergétiques.

Les États-Unis maintiennent un important dispositif naval dans la zone, avec des destroyers, des frégates et des sous-marins. Les interceptions de drones sont devenues quasi routinières, selon plusieurs sources militaires. Washington n'a pas précisé le type de drones impliqués ni le nombre exact d'appareils abattus chaque jour.

Des négociations au point mort

Parallèlement, les efforts diplomatiques pour apaiser les tensions n'avancent pas. L'Iran avait suspendu les négociations début juin après de nouvelles frappes américaines contre des sites radar et de drones dans le sud du pays. Le dialogue indirect, qui se déroulait via des médiateurs, semble au point mort. La multiplication des interceptions dans le détroit d'Ormuz complique encore la recherche d'une issue pacifique.