Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a revendiqué, ce week-end, avoir mené des frappes contre des positions qualifiées de « bases ennemies », en représailles aux bombardements américains menés ces derniers jours dans le sud du pays et dans le Golfe. Selon un communiqué officiel relayé par les autorités iraniennes, ces tirs constituent un « simple avertissement » adressé aux États-Unis et à leurs alliés régionaux.

Des représailles présentées comme limitées

D'après des sources officielles iraniennes, les Gardiens de la Révolution ont lancé des missiles et des drones contre des cibles qu'ils décrivent comme hostiles, sans toutefois en préciser la nature ou la localisation exacte. Ces opérations sont présentées comme une réponse directe aux frappes américaines qui ont visé une île du Golfe et des sites radar et de drones dans le sud de l'Iran au cours des dernières semaines. Les autorités de Téhéran insistent sur le caractère proportionné de leur riposte, affirmant qu'ils ne cherchent pas une escalade généralisée. « Nos représailles ne sont qu'un avertissement », a déclaré un responsable militaire iranien cité par la télévision d'État, ajoutant que la République islamique se réserve le droit de répondre à toute nouvelle agression.

L'appel à la retenue de Donald Trump

De son côté, le président américain Donald Trump a réagi en des termes fermes. Interrogé sur la reprise des hostilités, il a déclaré : « Ce que je suggérerais à l'Iran : vous avez tiré vos missiles, ça suffit. » Dans une déclaration publique, le chef de l'État américain a mis en garde Téhéran contre une « erreur fatale » si la République islamique persistait dans ses attaques. Cette prise de parole intervient alors que les tensions entre les deux pays ont connu une escalade rapide, après une série d'échanges de tirs dans le Golfe et la suspension des négociations diplomatiques entre l'Iran et les États-Unis.

Le contexte d'une escalade militaire

Les frappes revendiquées par les Gardiens de la Révolution s'inscrivent dans un cycle de confrontations militaires qui a débuté fin mai. Le 28 mai, des tirs iraniens dans le détroit d'Ormuz avaient été suivis par des frappes américaines qualifiées de défensives. Début juin, Washington a confirmé avoir bombardé une île iranienne après avoir repoussé des attaques présumées sur des positions alliées à Bahreïn et au Koweït. L'armée américaine a également annoncé avoir intercepté des missiles iraniens lors de ces affrontements. En parallèle, de nouvelles frappes américaines ont ciblé des sites radar et de drones dans le sud de l'Iran le 1er juin, poussant Téhéran à suspendre les négociations avec Washington et à menacer d'« évacuer le nord d'Israël ».

Des positions iraniennes revendiquées

Les Gardiens de la Révolution, qui constituent la force idéologique et militaire d'élite de la République islamique, ont par le passé mené des attaques directes contre Israël et des bases américaines dans la région. La formulation employée dans leur communiqué — « bases ennemies » — laisse planer une ambiguïté sur les cibles exactes, certains analystes estimant qu'elle pourrait viser à la fois des positions israéliennes et américaines sans les nommer explicitement. Téhéran a par le passé utilisé une rhétorique similaire pour justifier des tirs de missiles balistiques et de drones.

Alors que la communauté internationale appelle à une désescalade, les deux camps semblent maintenir une posture de fermeté. L'Iran affirme agir dans le cadre de son droit à légitime défense, tandis que les États-Unis, par l'intermédiaire de leur président, réitèrent leur détermination à protéger leurs intérêts et ceux de leurs alliés dans la région du Golfe. Aucun bilan humain ou matériel n'a pour l'instant été officiellement communiqué de part et d'autre.