Le Commandement central américain (Centcom) a fait savoir dans la nuit de vendredi à samedi que l'armée des États-Unis avait neutralisé plusieurs drones iraniens qui prenaient pour cible des navires de commerce dans le détroit d'Ormuz. Selon un message publié sur le réseau social X, Téhéran a lancé « plusieurs drones d'attaque » afin de frapper des bâtiments commerciaux empruntant cette voie maritime stratégique. Les forces américaines ont indiqué avoir abattu la totalité de ces appareils au cours des dernières heures, précisant que « le trafic maritime dans le détroit reste fluide ».
Cette nouvelle escalade intervient dans un contexte pour le moins paradoxal. Vendredi, les États-Unis et l'Iran avaient en effet déclaré être à deux doigts d'un accord destiné à mettre un terme au conflit qui les oppose depuis le 28 février. Un haut responsable américain avait même évoqué la rédaction d'un texte jugé « satisfaisant » par les deux parties. Le président américain avait laissé entendre qu'une signature pourrait intervenir « ce week-end », tandis que Téhéran se montrait plus mesuré, parlant d'un possible accord « dans les prochains jours » tout en soulignant des divergences persistantes.
Des signaux contradictoires
La simultanéité entre l'optimisme affiché sur le front diplomatique et la poursuite des opérations militaires illustre la volatilité de la situation. Les discussions de ces derniers jours laissaient entrevoir une issue négociée au conflit déclenché fin février. Un haut responsable américain avait indiqué qu'un texte satisfaisant les deux parties avait été rédigé. De son côté, l'Iran avait affirmé qu'il n'était pas question « d'un retour à la situation d'avant-guerre » pour le détroit d'Ormuz en cas d'accord, signe des positions encore éloignées sur les modalités concrètes d'une trêve.
Des précédents récents
Les affrontements dans cette zone névralgique du commerce pétrolier mondial se sont intensifiés ces dernières semaines. Le 10 juin, Washington avait déjà annoncé de nouvelles frappes contre des sites iraniens près du détroit d'Ormuz, provoquant en riposte des tirs iraniens visant des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie. Le 4 juin, l'armée américaine avait bombardé une île iranienne dans le Golfe après avoir repoussé des attaques sur Bahreïn et le Koweït. Début juin, Téhéran avait suspendu les négociations avec Washington à la suite de précédentes frappes.
Un cessez-le-feu en pointillé
Malgré les annonces encourageantes, la confiance entre les deux capitales reste fragile. Téhéran avait qualifié le 11 juin le cessez-le-feu de « pratiquement dénué de sens » après de nouvelles frappes américaines sur une île iranienne. Les Gardiens de la Révolution avaient revendiqué des attaques contre des « bases ennemies » en représailles aux bombardements américains. L'Iran avait également confirmé avoir ciblé des positions hostiles et visé Israël, dénoncé par l'armée israélienne comme une « grave erreur ».
Les derniers développements suggèrent que, malgré les espoirs diplomatiques, la trêve reste fragile et que chaque incident peut raviver les hostilités. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part significative du pétrole mondial, demeure un point de friction majeur entre Washington et Téhéran.