Les analyses médico-légales pratiquées sur le corps de Lyhanna, une collégienne de 14 ans dont le décès a bouleversé le Gers, ont livré des conclusions accablantes. L’autopsie confirme que l’adolescente a subi un viol et révèle qu’un morceau de scotch avait été utilisé pour la bâillonner, selon des informations concordantes.

Des preuves matérielles accablantes

Les examens toxicologiques et génétiques ont également permis de détecter la présence de l’ADN de Jérôme Barella, l’homme mis en examen pour meurtre et viol sur mineure de moins de 15 ans. Ce dernier est incarcéré depuis son interpellation. Les expertises font état de lésions compatibles avec une asphyxie, ce qui accrédite la thèse d’un homicide volontaire.

L’enquête, menée par les gendarmes de la section de recherches de Toulouse, s’attache désormais à reconstituer le déroulé des dernières heures de Lyhanna. Les investigations ont déjà permis d’établir que l’adolescente était sortie de son foyer de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) avant sa disparition.

Un passé professionnel sous le feu des critiques

Parallèlement à l’enquête judiciaire, une inspection administrative a été diligentée concernant le parcours professionnel de Jérôme Barella. L’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) a conclu qu’il n’y avait pas eu de « dysfonctionnement » dans le suivi de son dossier au sein de l’Éducation nationale. Ce constat contredit les accusations de certaines associations et familles qui dénoncent une série de manquements ayant permis au suspect d’exercer au contact d’enfants malgré des signalements antérieurs.

Des révélations sur le comportement du suspect

D’autres éléments ont émergé depuis le drame. Plusieurs témoignages évoquent le comportement« tout excité » de Jérôme Barella en présence d’enfants. Une ancienne collègue a notamment rapporté aux enquêteurs des attitudes jugées déplacées.

L’affaire a également mis en lumière un signalement remontant à plusieurs mois : une collégienne de 13 ans, également placée à l’ASE, avait alerté sur des messages insistants et des photos intimes que lui envoyait Jérôme Barella. Ce signalement n’avait pas empêché le suspect de continuer à approcher des mineurs. L’avocate de cette jeune fille a décrit une enfant « murée dans le silence », révélant l’emprise exercée sur sa protégée.

Un système sous pression

Le drame relance les interrogations sur la coordination entre les services de l’ASE, l’institution judiciaire et l’Éducation nationale. Le parquet a ouvert une information judiciaire pour « meurtre sur mineur de 15 ans précédé d’un viol » et« assassinat ». Jérôme Barella encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Les proches de Lyhanna, qui réclament justice, ont annoncé leur intention de se constituer partie civile. Une marche blanche en hommage à l’adolescente est prévue dans les prochains jours à Auch.