Un maintien de la ligne malgré l’enjeu judiciaire

À quelques heures du verdict attendu dans le dossier des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen, un cadre du Rassemblement national a tenu à réaffirmer la solidité du binôme formé par Marine Le Pen et Jordan Bardella pour la présidentielle de 2027. L’élection doit se tenir dans un peu plus d’un an, et l’incertitude judiciaire plane sur l’avenir politique de la chef de file du parti.

Ce responsable a insisté sur le fait que le duo Le Pen-Bardella reste « la seule option crédible » pour conduire le mouvement à la conquête de l’Élysée. Il a souligné la « complémentarité » entre la triple candidate, qui incarne l’expérience et la notoriété, et le président du parti, plus jeune et perçu comme un visage neuf, capable d’élargir l’électorat.

Le verdict, un tournant pour la candidature de Marine Le Pen ?

Le tribunal correctionnel de Paris doit se prononcer lundi sur les accusations de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de complicité. Marine Le Pen fait partie des vingt-cinq personnes et deux structures politiques mises en cause dans cette affaire. Le parquet a requis une peine de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui pourrait, en cas de condamnation, compromettre immédiatement ses chances de se présenter à la présidentielle.

La défense de Marine Le Pen a plaidé la relaxe, estimant que les contrats d’assistants correspondaient à un travail réel. Les juges doivent trancher sur la réalité de ces emplois et sur d’éventuelles sanctions. L’exécution provisoire demandée par le ministère public constituerait une menace directe puisqu’elle s’appliquerait dès le jugement, sans attendre un éventuel appel.

Unité affichée autour du tandem

Depuis plusieurs semaines, la direction du Rassemblement national multiplie les déclarations pour montrer sa cohésion. Ce cadre a ainsi rappelé que Jordan Bardella, en tant que président du parti, a la légitimité pour mener la campagne, mais que Marine Le Pen reste « la candidate naturelle » pour l’élection suprême. Il a également évoqué la possibilité que, si Marine Le Pen ne pouvait pas se présenter, Jordan Bardella soit alors en première ligne, sans que cela ne remette en cause l’alliance stratégique.

Plusieurs figures du parti, comme Marion Maréchal, ont déjà exprimé leur confiance dans la capacité de Marine Le Pen à être « prête » pour l’Élysée. Ce discours vise à rassurer les militants et à maintenir la pression sur les juges en montrant que le parti ne changera pas de cap, quelle que soit la décision.

Conséquences politiques en cas de condamnation

Si le jugement devait être défavorable, le Rassemblement national serait confronté à un scénario inédit : l’impossibilité pour sa figure de proue historique de concourir. Cela pourrait accélérer une transition vers Jordan Bardella, mais aussi provoquer des remous internes. Certains cadres estiment que le parti doit se préparer à toutes les hypothèses, y compris celle d’une candidature Bardella, même si cela n’a pas été officiellement validé.

En attendant, la stratégie affichée est celle de l’unité. Le porte-parole du parti a martelé que « le ticket Le Pen-Bardella est indissociable » et que « rien ne viendra briser cette dynamique ». Les proches de Marine Le Pen espèrent que le verdict ne sera pas aussi sévère que ce que le parquet a requis, mais ils se disent prêts à faire face à toutes les éventualités.

L’affaire des assistants parlementaires

Ce volet judiciaire porte sur des emplois présumés fictifs d’assistants parlementaires européens entre 2004 et 2016. Le Parlement européen s’est constitué partie civile, estimant avoir été lésé à hauteur de plusieurs millions d’euros. Marine Le Pen a toujours contesté les faits, affirmant que les contrats correspondaient à un travail effectif. Le jugement de lundi pourrait donc non seulement affecter son avenir politique, mais aussi peser sur la perception du parti par l’opinion.

En parallèle, le Rassemblement national poursuit ses préparatifs pour la présidentielle, notamment en matière de réseaux diplomatiques et de stratégie de campagne. L’issue du procès reste le principal point d’interrogation à moins d’un an du scrutin.