Marine Le Pen a donné le coup d’envoi de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027 ce mercredi 8 juillet à La Flèche, dans la Sarthe. Accompagnée de Jordan Bardella, elle a annoncé son intention de le nommer Premier ministre en cas de victoire. Ce lancement intervient au lendemain d’une décision judiciaire qui, tout en confirmant sa condamnation pour détournement de fonds, a levé l’interdiction d’exercer des fonctions électives, lui ouvrant la voie à une nouvelle candidature.
Un démarrage sous haute tension L’événement s’est déroulé sur le marché de la ville, à environ 260 kilomètres au sud-ouest de Paris. Marine Le Pen a été accueillie à la fois par des partisans enthousiastes et par des opposants venus manifester avec des sifflets et des casseroles. « Nous commençons notre campagne présidentielle », a-t-elle déclaré aux journalistes présents, tout en écartant les questions juridiques : « Je ne vais pas passer la campagne à vous donner des analyses juridiques. Ce que je veux maintenant, c’est que nous parlions de politique, car l’avenir du peuple français est en jeu. » Jordan Bardella se tenait à ses côtés.
Un contexte judiciaire ravivé La veille, la cour d’appel de Paris avait maintenu la culpabilité de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens, mais avait supprimé la peine d’inéligibilité immédiate prononcée en première instance en mars 2025. Cette décision a surpris de nombreux observateurs, car la dirigeante d’extrême droite avait auparavant laissé entendre qu’elle ne se présenterait pas si sa condamnation l’empêchait de faire campagne librement. Désormais, elle se replace au centre du jeu politique, moins d’un an avant le scrutin prévu en avril 2027.
Promesse de Matignon pour Bardella En annonçant sa candidature, Marine Le Pen a réitéré son engagement de confier la direction du gouvernement à Jordan Bardella, actuel président du Rassemblement national. Cette proposition vise à incarner un renouvellement générationnel et à consolider l’unité du parti. Bardella, qui était pressenti pour être le candidat du RN en cas d’inéligibilité de la chef de file, se retrouve désormais en position de potentiel Premier ministre.
Paysage politique bouleversé Le retour de Marine Le Pen sur le devant de la scène électorale rebat les cartes de la présidentielle française. Le président sortant Emmanuel Macron ne pouvant briguer un troisième mandat, la course est ouverte. Plusieurs candidats potentiels, à droite comme à gauche, devront désormais intégrer une candidate d’extrême droite forte et expérimentée, qui a obtenu plus de 40 % des voix au second tour en 2022. Les opposants dénoncent une instrumentalisation de la justice et craignent une normalisation des idées du RN.
Réactions contrastées Dans les rangs de la majorité présidentielle, plusieurs voix se sont élevées pour rappeler que Marine Le Pen reste condamnée pour des faits graves. À gauche, des appels à l’union contre l’extrême droite se multiplient. Pourtant, les sondages anticipés donnent la candidate en tête des intentions de vote au premier tour, même si les reports de voix pour le second tour restent incertains. La campagne qui s’ouvre s’annonce particulièrement clivante, entre espoirs de changement pour les uns et craintes pour les autres.