Un match sous haute tension

La qualification des Bleus pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2026, acquise sur le score de 1-0 face au Paraguay grâce à un penalty de Kylian Mbappé, a laissé un goût amer au-delà des frontières françaises. Si le résultat sportif est acquis, la manière dont les Paraguayens ont abordé la rencontre et la gestion de l’arbitre ouzbek Ilgiz Tantashev ont déclenché une vague de critiques unanimes dans la presse et les médias étrangers.

« Arts obscurs » et « bunker nucléaire » : une tactique décriée

Au Royaume-Uni, le comportement de l’Albirroja a été qualifié de « honteux et embarrassant », certains commentateurs évoquant même « les arts obscurs » déployés par les Sud-Américains pour briser le rythme de la partie. La BBC a déploré ces méthodes, tandis que The Guardian a traité l’équipe paraguayenne de « nuisance », soulignant son approche exclusivement défensive et perturbatrice.

De l’autre côté des Pyrénées, la presse espagnole s’est montrée tout aussi cinglante. Le quotidien AS a décrit une équipe « retranchée dans un bunker nucléaire, avec pour seul objectif de gagner du temps ». Mundo Deportivo a employé les termes « rusée et sournoise » pour qualifier la tactique paraguayenne. Au Portugal, A Bola a fustigé un « football agressif toujours à la limite », avec des « tentatives d’intimidation » assimilant certains joueurs à des « voyous du quartier ».

L’Allemagne n’a pas été en reste : Bild a rapporté que les joueurs paraguayens « ont eu recours à tous les moyens, même les plus grossiers » – coups de poing, coups de coude – pour faire sortir les Français de leurs gonds. La RTS suisse a résumé l’impression générale : « Ce qu’a fait le Paraguay, ce n’est pas tenter de déjouer l’adversaire, c’est de vouloir le démolir. »

L’arbitre ouzbek dans le viseur

L’arbitre Ilgiz Tantashev a lui aussi été très sévèrement jugé pour n’avoir infligé aucun avertissement aux Paraguayens pendant les quatre-vingt-dix minutes. En Espagne, Marca a estimé qu’« il serait raisonnable de penser que c’est le dernier match de Coupe du monde arbitré par M. Tantashev », ajoutant que la France avait échappé à un « champ de mines ». Le journaliste italien Tancredi Palmeri a ironisé sur la performance de l’officiel ouzbek : « Sa performance est incroyable. Je le verrai bien arbitrer en finale de la Coupe du monde. »

Une analyse plus mesurée du consultant Julien Stéphan

En dépit de ces polémiques, le consultant Julien Stéphan, fils de l’ancien sélectionneur Guy Stéphan, a livré une analyse plus positive de la performance des Bleus. Il a salué « maturité et sang-froid » de l’équipe de France, qui n’est pas tombée dans les provocations. Selon lui, les joueurs de Didier Deschamps ont fait preuve d’une « équipe en mission », capables de garder leur calme et de faire la différence au moment clé. Cette lecture contraste avec l’indignation générale, mais rappelle que la France a su s’imposer sans céder à l’énervement.

Un quart de finale sous pression

Les hommes de Didier Deschamps vont désormais préparer leur quart de finale contre le Maroc, une affiche qui s’annonce également tendue. Le Maroc, demi-finaliste de la précédente édition, possède lui aussi une défense solide et un collectif rodé. Les critiques internationales sur le match contre le Paraguay risquent de placer l’arbitrage sous une surveillance accrue pour la suite de la compétition.