Un carton rouge… à durée limitée
Dans une décision rarissime à ce stade de la compétition, la FIFA a annoncé dimanche qu'elle suspendait pour une durée d'un an la suspension automatique d'un match qui frappait Folarin Balogun. L'attaquant des États-Unis, auteur d'un tacle jugé dangereux sur le défenseur bosnien Tarik Muharemovic lors du tour précédent, avait écopé d'un carton rouge direct. La sanction sportive normale – un match de suspension – a donc été reportée à une échéance hypothétique.
L'intervention présidentielle
Cette décision intervient au lendemain de la déclaration publique du président américain Donald Trump, qui a confirmé avoir « demandé à la FIFA » de réexaminer la sanction. « J'ai parlé à la FIFA, il fallait revoir ça. Cela aurait laissé une grosse tache sur le tournoi », a-t-il argumenté. Le chef de l'État américain a officiellement saisi l'instance internationale, qui a accédé à sa requête en quelques heures.
La Belgique fulmine… puis danse
L'équipe de Belgique, adversaire des États-Unis en huitièmes de finale, n'a pas caché son courroux. Le milieu de terrain Nicolas Raskin (Rangers) a exprimé le sentiment général : « Il y a eu beaucoup de choses en dehors du terrain ces deux derniers jours. Il y avait un sentiment d'injustice dans le groupe, et nous étions déterminés à répondre sur le terrain. » Le capitaine Youri Tielemans a renchéri : « On s'est dit qu'on devait répondre sur le terrain. C'est ce qu'on a fait. »
Et la réponse a été cinglante : la Belgique a infligé une défaite 4-1 aux coorganisateurs du Mondial 2026, à Seattle. Au moment de célébrer le quatrième but, plusieurs joueurs belges ont exécuté la « Trump dance », cette chorégraphie de hanches devenue virale lors de la campagne présidentielle de 2024. Le compte Instagram officiel de la sélection belge a même posté une photo de Romelu Lukaku se touchant l'oreille avec la légende « renverse ça » (overturn this), en référence directe à la décision de la FIFA.
Les critiques pleuvent de toutes parts
Au-delà de la Belgique, la décision de la FIFA a suscité un tollé général. L'UEFA a estimé que l'instance dirigeante du football mondial avait « franchi une ligne rouge ». Le sélectionneur de l'Angleterre, Thomas Tuchel, s'est également publiquement ému de ce précédent. Même plusieurs sélections éliminées ont fait part de leur incompréhension.
La FIFA défend son arbitre
Face aux critiques, la FIFA a défendu l'arbitre de la rencontre, le Danois Claus, qui avait brandi le carton rouge. Dans un communiqué, l'instance a précisé que la sanction initiale était conforme au règlement, mais que le bureau de la commission de discipline avait usé de sa prérogative de suspendre l'exécution de la peine pour une période probatoire de douze mois, une pratique habituelle dans certains cas de carton rouge direct pour « jeu dangereux » sans intention de blesser. La FIFA a souligné que cette décision ne remettait pas en cause l'arbitrage.
Un précédent contesté
Cette affaire pose une question de fond sur l'équité sportive en Coupe du monde. Alors que la Belgique, éliminée, a désormais la possibilité de faire appel de cette décision (procédure qu'elle a officiellement engagée), la controverse demeure : un joueur sanctionné d'un rouge peut-il être réintégré sous la pression politique de son chef d'État ? Les prochains jours devraient apporter des éléments de réponse, la FIFA ayant promis de clarifier sa procédure pour les grands tournois. En attendant, la Belgique s'est offert le luxe de répondre sur le terrain, laissant les États-Unis à leurs regrets.