Le collectif d'extrême droite Civitas, pourtant dissous par décret en octobre 2023, a lancé un appel à ses sympathisants pour perturber la Nuit Blanche qui doit se tenir ce samedi 6 juin à Paris. Les activistes sont invités à se rassembler en prière dans les rues, afin d'empêcher les installations artistiques programmées à l'intérieur ou aux abords d'édifices catholiques.
Des accusations de « profanation »
Fondée en 1999 et transformée en parti politique en 2016, Civitas estime que l'événement culturel organisé par la mairie de Paris constitue un risque de « profanation » des lieux de culte. Le groupuscule désigne ses militants comme des « soldats du Christ » et les exhorte à bloquer les animations prévues ce week-end.
Un historique de tensions
Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre la mouvance intégriste catholique et les manifestations culturelles parisiennes. Civitas avait déjà tenté de faire pression sur la Nuit Blanche en 2019, 2021 et 2022, sans parvenir à l'annuler. Le mouvement avait été dissous par les autorités après qu'une vidéo diffusée lors de ses universités d'été, en août 2023, montrait un intervenant suggérant de retirer la nationalité française aux citoyens juifs, provoquant un tollé.
Un appel relayé malgré l'interdiction
Bien que la dissolution de Civitas ait été confirmée par le Conseil d'État en 2024, des comptes et canaux de communication liés à la mouvance continuent de diffuser des appels à l'action. Le message adressé aux « soldats du Christ » a été partagé sur les réseaux sociaux, appelant les sympathisants à se réunir devant les églises pour prier et empêcher le déroulement des événements artistiques.
Réactions politiques et religieuses
Des élus parisiens, notamment de la majorité municipale, ont dénoncé cette tentative d'intimidation. Plusieurs voix se sont élevées pour rappeler que la Nuit Blanche est un événement gratuit et ouvert à tous, conçu pour valoriser le patrimoine et la création contemporaine. Du côté de l'Église catholique, la position est plus nuancée : si des paroisses ont exprimé leur gêne face à certaines programmations dans les églises, l'institution n'a pas appelé à des rassemblements de rue.
Un précédent judiciaire
Les autorités ont indiqué que des mesures seraient prises pour garantir le bon déroulement de la manifestation. En 2023, plusieurs militants de Civitas avaient été interpellés lors d'une tentative d'occupation d'une église dans le cadre d'une précédente édition de la Nuit Blanche, sans que cela n'empêche la tenue des expositions.
L'édition 2026 de la Nuit Blanche est prévue du samedi 6 au dimanche 7 juin. La mairie de Paris n'a pas modifié sa programmation à la suite de ces appels.