L'événement culturel parisien Nuit Blanche, qui s'est déroulé ce week-end, a connu des incidents graves impliquant le mouvement catholique traditionaliste Civitas. Six personnes liées à cette mouvance ont été placées en garde à vue, a-t-on appris auprès des autorités. Deux d'entre elles sont soupçonnées d'avoir volontairement bousculé des élus qui se trouvaient sur le parcours de la manifestation nocturne.

Les faits se sont produits dans la soirée du samedi 6 juin, alors que des rassemblements de prière étaient organisés par Civitas pour protester contre certaines installations de la Nuit Blanche, jugées blasphématoires. Ce que le mouvement présente comme une action de prière publique a rapidement dégénéré. Des tensions ont éclaté entre des militants, des passants et les forces de l'ordre, nécessitant le déploiement d'unités antiémeutes.

Selon plusieurs témoignages concordants, deux élus – dont l'identité n'a pas été révélée – auraient été pris à partie et bousculés par des membres de Civitas. Les services de police ont interpellé six personnes, dont ces deux suspects. Tous étaient toujours entendus en début de semaine dans le cadre d'une enquête ouverte pour violences et troubles à l'ordre public.

Une mobilisation annoncée

Dès le début du mois de juin, Civitas avait appelé ses sympathisants à se rassembler dans plusieurs églises parisiennes pour des « chapelets de réparation » en réaction à des œuvres d'art contemporain présentées lors de la Nuit Blanche. Le mouvement dénonçait notamment des « provocations anti-chrétiennes ». La mairie de Paris avait maintenu l'événement, affirmant le principe de liberté artistique.

Cette mobilisation s'inscrit dans une série d'actions précédentes de Civitas contre des manifestations culturelles. En 2023 déjà, le groupe avait perturbé une pièce de théâtre à Paris, provoquant son annulation. La Nuit Blanche 2026 semble avoir été le théâtre d'une escalade, avec des contacts physiques entre militants et représentants politiques.

Réactions et suite judiciaire

Plusieurs responsables politiques ont condamné ces violences. Au sein de la majorité municipale, on évoque une « atteinte inacceptable à la démocratie locale ». L'opposition de droite a également dénoncé des « méthodes d'intimidation ». La mairie de Paris a annoncé son intention de se porter partie civile.

L'enquête, confiée à la police judiciaire, doit déterminer les circonstances exactes des bousculades et l'éventuelle préméditation. Les six gardés à vue risquent des poursuites pour violences en réunion et violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique si les faits sont confirmés.

Cet épisode relance le débat sur la place des mouvements traditionalistes radicaux dans l'espace public et sur les limites de la liberté d'expression artistique face aux contestations religieuses. La Nuit Blanche, qui attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs, pourrait voir son dispositif de sécurité revu à la hausse pour les prochaines éditions.