L'enquête sur les troubles survenus durant la dernière Nuit Blanche à Paris connaît un rebondissement judiciaire. Six membres du groupuscule catholique intégriste Civitas ont été interpellés et placés en garde à vue, ont indiqué les autorités. Parmi eux, deux personnes sont spécifiquement suspectées d'avoir bousculé des élus qui participaient ou assistaient à la manifestation culturelle nocturne.
Ces arrestations interviennent alors que l'organisation avait appelé, dans les jours précédant l'événement, à des rassemblements de prière pour protester contre la tenue de la Nuit Blanche, qu'elle juge blasphématoire et contraire aux valeurs chrétiennes. Les forces de l'ordre avaient déjà renforcé leur dispositif pour prévenir d'éventuels débordements.
Des heurts signalés durant l'événement
Selon les premiers éléments de l'enquête, les incidents se seraient produits au cours de la nuit du 6 au 7 juin, alors que plusieurs milliers de personnes déambulaient dans les rues de la capitale pour découvrir les installations artistiques. Des témoins ont rapporté des altercations verbales et physiques entre des participants et des membres de Civitas, qui tentaient de bloquer l'accès à certaines œuvres ou de réciter des prières sur la voie publique.
Deux élus, dont l'identité n'a pas été révélée, auraient été poussés ou heurtés par des manifestants. Les enquêteurs de la brigade de répression des atteintes à la personne sont saisis du dossier. Les six gardés à vue sont entendus pour des faits de violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique et participation à un groupe formé en vue de commettre des violences.
Une réaction politique attendue
L'affaire suscite une vive émotion dans le monde politique. Plusieurs responsables ont dénoncé des « actes d'intimidation inacceptables » et réclamé des sanctions exemplaires à l'encontre des auteurs présumés. Le parquet de Paris a confirmé l'ouverture d'une information judiciaire pour déterminer les circonstances exactes des altercations et le rôle de chacun des mis en cause.
Civitas, de son côté, n'a pas encore officiellement réagi à ces arrestations. Le mouvement, régulièrement accusé de dérives sectaires et de prosélytisme agressif, avait déjà fait parler de lui par le passé pour des actions similaires contre des événements culturels ou des expositions jugées offensantes pour la foi catholique.
Un précédent rappelé
Cette interpellation massive rappelle d'autres épisodes où des membres de Civitas avaient été interpellés pour des actes de provocation, notamment lors de la manifestation contre le spectacle « Golgota Picnic » en 2015 ou plus récemment contre des festivals de rue. La justice avait alors prononcé des peines allant de l'amende à la prison avec sursis.
L'enquête en cours devrait permettre de faire la lumière sur l'organisation des rassemblements de prière et leur éventuelle coordination avec les violences commises. Les investigations portent également sur les appels à la mobilisation lancés sur les réseaux sociaux par les dirigeants de Civitas. La garde à vue peut durer jusqu'à 48 heures, avant une éventuelle présentation à un juge d'instruction.