Les six militants de Civitas placés en garde à vue dans la soirée du 6 juin à l’issue d’altercations survenues pendant la Nuit Blanche à Paris ont été libérés sans comparaître devant un tribunal, a indiqué le parquet de Paris. L’autorité judiciaire a estimé, dans un communiqué, qu’« aucune infraction n’était suffisamment caractérisée », ce qui a conduit au classement sans suite de la procédure.
Les faits et l’interpellation
Samedi, en marge de la manifestation culturelle nocturne, plusieurs individus proches de Civitas ont pénétré dans l’église Saint-Laurent, située dans le 10e arrondissement, où une installation artistique était présentée. Des tensions ont éclaté sur place, aboutissant à la bousculade de deux élus, parmi lesquels un adjoint à la maire de Paris. Les forces de l’ordre sont intervenues et ont placé six personnes en garde à vue pour « violences volontaires » et « trouble à l’ordre public ». Deux d’entre elles étaient plus particulièrement suspectées d’avoir poussé les représentants politiques.
La décision du parquet
Au terme des auditions, le parquet a jugé que les éléments recueillis ne permettaient pas de caractériser juridiquement les faits de violences ni de troubles suffisamment graves pour engager des poursuites. Les six personnes ont donc été remises en liberté dès dimanche. Cette décision contredit les premières évaluations des enquêteurs, qui avaient estimé que les gestes commis envers les élus justifiaient une rétention.
Contexte et réactions
Ces incidents interviennent dans un climat de tension autour de la Nuit Blanche, que Civitas avait appelé à contester par des « rassemblements de prière » en raison de la présence d’œuvres jugées blasphématoires par le groupuscule. L’association, dissoute par décret en 2022 pour incitation à la haine, continue d’exister officieusement et revendique une action militante catholique traditionaliste. La mairie de Paris n’a pas encore commenté le classement sans suite, mais plusieurs élus de la majorité municipale ont dénoncé une « défaillance de l’État de droit » et un « signal dangereux envoyé aux extrémistes ».
Implications
Ce non-lieu relance le débat sur la capacité des forces judiciaires à réprimer les débordements commis par des groupes politico-religieux radicaux. Si le parquet a estimé que les infractions n’étaient pas constituées, des observateurs soulignent que la simple perturbation d’un événement culturel public et la bousculade d’élus auraient pu donner lieu à au moins une comparution pour outrage ou trouble à l’ordre public. L’affaire pourrait avoir des répercussions sur l’organisation des futures éditions de la Nuit Blanche, la mairie redoutant de nouvelles actions de contestation.