Le groupe à l'origine de ChatGPT a officiellement lancé la procédure d'introduction en Bourse, marquant une nouvelle étape dans la concurrence effrénée qui oppose les géants de l'intelligence artificielle pour accéder aux marchés financiers. L'entreprise a déposé lundi les documents requis auprès du gendarme boursier américain, la Securities and Exchange Commission (SEC), sans pour autant préciser la date ni les modalités de cette opération.

« Il se peut que cela prenne encore du temps, car nous avons des projets qui sont probablement plus faciles à mener en tant que société privée », a expliqué la firme dans un communiqué officiel. Cette déclaration intervient alors que la société fondée par Sam Altman est évaluée à environ 852 milliards de dollars, un chiffre qui pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars lors de son arrivée à Wall Street, selon les informations transmises par des sources proches du dossier à l'agence Reuters.

Une arrivée sur les marchés dans un contexte de concurrence acharnée

Cette annonce survient seulement une semaine après que le concurrent direct Anthropic, créateur du modèle d'IA Claude, a effectué la même démarche. Ce dernier, valorisé à 965 milliards de dollars à la suite d'une levée de fonds de 65 milliards de dollars intervenue le mois dernier, devance désormais OpenAI en termes de valorisation. Les deux sociétés, comme SpaceX qui a absorbé le laboratoire xAI d'Elon Musk en février dernier, sont confrontées à des pertes financières importantes en raison des coûts élevés de développement de l'intelligence artificielle.

SpaceX, dont l'entrée en Bourse est imminente – potentiellement dès vendredi –, viserait quant à elle une valorisation record d'environ 1 750 milliards de dollars, ce qui en ferait la plus grande introduction en Bourse jamais enregistrée. Ce mouvement général des entreprises d'IA vers les marchés publics reflète une course aux capitaux sans précédent dans le secteur technologique.

Les défis de la régulation et de la transparence

L'Union européenne, de son côté, multiplie les initiatives pour encadrer les géants de la tech. Entre protection des données et régulation des plateformes, Bruxelles cherche à imposer des règles communes aux entreprises comme Google, Amazon et OpenAI, dans un contexte où la question de la conformité aux normes européennes devient un enjeu stratégique pour ces acteurs.

Cette dynamique de cotation boursière intervient également après une période de tensions juridiques entre Elon Musk et OpenAI. Un jury s'était récemment prononcé contre le fondateur de SpaceX dans une affaire l'opposant à Sam Altman, qu'il accusait d'avoir trahi la mission originelle à but non lucratif de l'entreprise. Cette décision judiciaire n'a cependant pas freiné l'élan d'OpenAI vers la Bourse.

Vers une consolidation du secteur ?

L'afflux de capitaux permis par ces introductions en Bourse devrait accélérer la recherche et le développement dans le domaine de l'IA, mais aussi renforcer les positions de chacun des acteurs sur un marché de plus en plus disputé. Si Anthropic semble avoir pris une longueur d'avance en termes de valorisation, OpenAI mise sur la notoriété mondiale de ChatGPT et sur son réseau de partenariats pour rester compétitif.

Les prochains mois seront décisifs pour ces entreprises, qui devront convaincre les investisseurs de la viabilité à long terme de leurs modèles économiques, alors que les coûts de calcul et d'infrastructure ne cessent de croître. La cotation d'OpenAI, si elle se concrétise en septembre comme le suggèrent certaines projections, pourrait marquer un tournant dans l'histoire de la technologie et de la finance.