La mairie de Paris a franchi une nouvelle étape dans la gestion du scandale qui touche ses activités périscolaires. Emmanuel Grégoire, le premier édile de la capitale, a indiqué mardi 9 juin que 132 animateurs avaient été suspendus depuis le 1er janvier, dont 52 pour « suspicion de violences sexuelles ou sexistes ». Cette annonce a été faite en marge d'un déplacement dans une école située dans le nord-ouest de Paris.

Un plan d'action de vingt millions d'euros déjà promis

Ce bilan intervient alors que la ville est secouée par des révélations d'agressions survenues dans le cadre du temps périscolaire. Le nouveau maire socialiste, qui avait déjà annoncé en avril un plan d'action doté de vingt millions d'euros, a également officialisé la création d'une « commission d'enquête indépendante ». Cette mission a été confiée à Antoine Garapon, ancien juge des enfants, qui bénéficiera d'une « carte blanche pour faire des préconisations et analyser tout ce qu'il s'est passé », selon les termes employés par l'élu.

Des mesures attendues par les familles

Les chiffres communiqués par l'hôtel de ville marquent une accélération des procédures disciplinaires engagées par la collectivité. Sur l'ensemble des suspensions prononcées, plus d'un tiers concernent des allégations de nature sexuelle, ce qui souligne l'ampleur des signalements traités par les services municipaux. Le maire de Paris n'a pas précisé la répartition des autres motifs de suspension.

Un contexte national plus large

Cette situation s'inscrit dans un climat national de vigilance accrue autour des violences faites aux mineurs. Plusieurs personnalités politiques, dont le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, ont évoqué récemment un « MeToo de l'enfance » qui « ne fait que commencer ». Le garde des Sceaux a également fait part de son soutien à la castration chimique pour les auteurs de violences sexuelles sur mineurs. Par ailleurs, une proposition de loi visant à renforcer les vérifications des antécédents judiciaires des encadrants sportifs, enseignants et personnels de l'aide sociale à l'enfance doit être examinée au Sénat. Ces textes font écho aux inquiétudes suscitées par les affaires parisiennes.

La commission Garapon en première ligne

La mission confiée à Antoine Garapon devrait permettre de déterminer les dysfonctionnements ayant pu favoriser ces situations. L'ancien magistrat, spécialiste reconnu des questions de justice des mineurs, devra formuler des recommandations pour éviter que de tels faits ne se reproduisent. La mairie de Paris n'a pas communiqué de calendrier précis pour la remise de ce rapport.