La justice parisienne a rendu, le vendredi 10 juillet, un verdict inédit dans le cadre du vaste scandale qui secoue le périscolaire de la Ville de Paris. Un ex-animateur âgé de 25 ans a été reconnu coupable d'agressions sexuelles sur une enfant de maternelle. Il écope d'une peine de 18 mois de prison entièrement assortie d'un sursis, assortie d'une interdiction définitive d'exercer une activité professionnelle en contact avec des mineurs.
Ce jugement marque une rupture dans une série de décisions judiciaires qui avaient suscité une vive émotion parmi les familles et les associations. Jusqu'à présent, deux autres animateurs poursuivis pour des faits similaires avaient été relaxés par le tribunal correctionnel de Paris. Le parquet avait annoncé faire appel de ces relaxes.
Dans ce dossier, les magistrats ont estimé que la victime, aujourd'hui âgée de six ans, avait fourni des « déclarations constantes, précises et compatibles avec son jeune âge ». L'enfant, qui refusait de se rendre au centre de loisirs depuis plusieurs mois, avait fini par confier à ses parents les faits subis entre octobre 2023 et juillet 2025. Le tribunal a souligné que la petite fille avait reproduit les gestes sur une poupée, faute de mots pour les décrire.
À l'inverse, les juges ont relevé le caractère « fluctuant » et « évolutif » des déclarations du prévenu, qui a toujours nié les faits. Ce dernier s'est vu imposer une interdiction définitive de travailler avec des enfants.
À la sortie de l'audience, l'avocat de la famille s'est félicité de cette décision, y voyant « un signe encourageant pour la suite ». Il a estimé que, pour la première fois, un tribunal avait accordé foi à la parole d'une enfant de maternelle victime de violences.
Depuis le début de l'année 2026, la municipalité parisienne a suspendu 132 animateurs, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a qualifié ces chiffres de reflet d'un problème « systémique ». Il a annoncé un plan d'action doté de 20 millions d'euros visant à renforcer les contrôles, la formation des personnels et la prévention dans les accueils périscolaires.