Emmanuel Grégoire, ex-premier adjoint chargé des ressources humaines à la mairie de Paris et actuel député, a rejeté avec vigueur les accusations selon lesquelles il aurait protégé des animateurs périscolaires soupçonnés de violences sexuelles. Dans une déclaration transmise à plusieurs médias, il a estimé que ces allégations relèvent d'une « manipulation politique » et qu'elles visent à ternir son action passée à l'Hôtel de Ville.

Le député, qui a quitté ses fonctions municipales en 2024 après avoir été élu à l'Assemblée nationale, a rappelé que la gestion des ressources humaines de la Ville incombait à la direction des affaires scolaires et que ses services appliquaient les directives en vigueur. Il a assuré n'avoir eu connaissance d'aucun signalement de violences sexuelles avant que l'affaire n'éclate publiquement, et que toute suggestion contraire serait infondée.

Des accusations récurrentes

Depuis plusieurs semaines, la gestion par la municipalité socialiste des cas d'animateurs périscolaires impliqués dans des affaires d'agressions sexuelles est au cœur d'une polémique croissante. Plusieurs parents d'élèves et associations estiment que la Ville aurait dû réagir plus rapidement face à des signalements de comportements inappropriés, et que des procédures de suspension auraient pu être engagées plus tôt.

En juin, la mairie de Paris avait annoncé la suspension de 132 animateurs depuis le début de l'année, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes. Cette mesure, présentée comme un « coup de filet inédit », avait été prise après la révélation d'une plainte pour inceste visant un animateur recruté en 2024. L'affaire avait conduit au lancement d'une commission d'enquête interne et à l'ouverture de plusieurs procédures judiciaires.

Emmanuel Grégoire dénonce des « amalgames »

Interrogé sur les critiques, Emmanuel Grégoire a dénoncé ce qu'il considère comme une tentative de le désigner comme responsable unique d'une « faillite systémique ». Il a souligné que les procédures de recrutement et de contrôle des animateurs relevaient d'un circuit administratif complexe, impliquant à la fois les services de l'éducation nationale, les associations et les bailleurs de fonds.

« Je n'ai jamais été informé de faits de cette nature avant qu'ils ne soient rendus publics. Accuser a posteriori un élu qui n'était plus en fonction depuis des mois, c'est faire de la politique sur le dos des victimes », a-t-il affirmé.

Une mission d'information parlementaire en cours

Parallèlement, la commission d'enquête lancée par la Ville de Paris poursuit ses travaux. Une mission d'information parlementaire a également été mise sur pied pour examiner les défaillances dans le suivi des animateurs. Ses auditions doivent débuter en juillet, et devraient permettre de faire la lumière sur les éventuels dysfonctionnements.

Emmanuel Grégoire a indiqué qu'il se tiendrait à la disposition de cette mission pour apporter son témoignage, tout en réitérant son absence de responsabilité directe dans les faits reprochés.

Des parents d'élèves dénoncent des « erreurs factuelles »

Alors que l'affaire continue de susciter l'émoi, des parents d'élèves ont dénoncé des « erreurs factuelles » dans la présentation des faits par la mairie, notamment autour des dates de signalement et des mesures prises. Plusieurs d'entre eux ont saisi la justice pour contraindre la municipalité à fournir des informations complémentaires.

La tension reste vive dans plusieurs arrondissements, où des collectifs de parents exigent une transparence totale sur les procédures de recrutement et de contrôle des personnels périscolaires.