Les députés ont validé, lors d'un second scrutin, l'instauration de la perpétuité pour les viols commis en série sur des victimes âgées de moins de 15 ans. Ce vote intervient après le rejet initial, par une courte marge, du texte lors d'une précédente séance.

Le nouveau passage en procédure législative a permis de rassembler une majorité en faveur de la mesure, qui prévoit une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour toute condamnation pour viol en série sur un mineur de moins de quinze ans. Les débats, houleux, ont opposé la majorité présidentielle et les Républicains, favorables au durcissement des sanctions, à la gauche, qui s'était prononcée contre lors du premier vote.

La ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, avait auparavant vivement critiqué la position de la gauche, estimant que son opposition à la perpétuité revenait à « condamner les enfants à perpétuité ». Cette déclaration a alimenté les tensions dans l'hémicycle.

Le texte adopté s'applique aux récidivistes ainsi qu'aux auteurs de viols multiples sur des enfants de moins de 15 ans. Les associations de protection de l'enfance saluent une avancée, même si certaines appellent à étendre la mesure à d'autres formes de violences sexuelles. Le gouvernement, par la voix du ministre de la Justice, s'est félicité de ce vote, le qualifiant de « signal fort envoyé aux victimes et à la société ».

De leur côté, les opposants, notamment au sein de La France insoumise et du Parti socialiste, dénoncent une mesure « purement symbolique et inefficace », arguant que la perpétuité réelle est rarement appliquée et que l'accent devrait être mis sur la prévention et la prise en charge des victimes. Le débat devrait se poursuivre au Sénat dans les semaines à venir, où la majorité de droite est plus favorable à ces dispositions.