Un hommage national qui inquiète les historiens

Alors que les débats sur la panthéonisation de l'historien et résistant Marc Bloch se multiplient, l'historien allemand Peter Schöttler a mis en garde contre une possible récupération nationaliste de sa mémoire. Peter Schöttler, connu pour ses travaux sur l'historiographie et la pensée de Marc Bloch, estime que le projet d'une panthéonisation individuelle constitue un contresens historique. Il rejoint en cela l'analyse de Pierre Serna, professeur d'histoire de la Révolution française à l'université Paris-I-Sorbonne, qui juge qu'une telle démarche, si elle était menée de manière isolée, reviendrait à dénaturer le sens de l'engagement de Bloch.

« Un non-sens historique » pour Pierre Serna

Dans une contribution publiée le 22 juin 2026, Pierre Serna affirme que la panthéonisation de Marc Bloch seul serait « un non-sens historique ». Selon lui, la mémoire de l'historien, fusillé par les nazis en juin 1944, ne peut être dissociée de celle de ses compagnons de lutte, résistants et intellectuels qui ont partagé ses idéaux de liberté et de justice. L'universitaire rappelle que Marc Bloch lui-même avait une conception collective de l'engagement, ancrée dans les valeurs de la Résistance, du Front populaire et de la République sociale.

Les craintes de Peter Schöttler

Peter Schöttler, de son côté, redoute que cette panthéonisation serve des visées politiques contemporaines, notamment une récupération par des courants nationalistes ou identitaires. Il souligne que la figure de Marc Bloch, juif et résistant, pourrait être instrumentalisée pour servir un récit patriotique qui trahirait sa pensée profonde, marquée par l'ouverture européenne et l'universalisme. L'historien allemand, familier de l'œuvre de Bloch, insiste sur la nécessité de respecter la complexité de son héritage intellectuel et militant.

Un appel à une panthéonisation collective

Face à ces risques, plusieurs universitaires, dont Peter Schöttler et Pierre