Une défense tous azimuts

Entendu comme l’un des plus proches collaborateurs présumés de Félix Bingui, Mohamed Hussein Saleh a opposé un démenti catégorique à l’ensemble des griefs qui lui sont reprochés. Interrogé par le président du tribunal correctionnel de Marseille, il a contesté fermement appartenir au réseau criminel démantelé par les forces de l’ordre. « Je ne trafique pas », a-t-il notamment affirmé. Il s’est aussi employé à justifier point par point chacun des éléments retenus contre lui : ses déplacements fréquents, l’origine de ses ressources financières et ses relations avec les autres prévenus.

Le surnom « Pirate » en débat

L’une des questions marquantes de l’audience a porté sur son pseudonyme, « Pirate ». Le tribunal a cherché à savoir si ce surnom était lié à son rôle dans l’organisation. Le prévenu a répondu que ce n’était qu’un sobriquet anodin et qu’il ne fallait pas y voir une référence à des activités illicites. Sur un ton parfois ironique, il a ajouté : « Il y a d’autres Pirate à Marseille », sous-entendant que ce nom de rue ne suffit pas à prouver une appartenance au clan Yoda.

Des déplacements et dépenses sous les projecteurs

Les enquêteurs lui imputent des voyages répétés entre Marseille et plusieurs destinations, dont l’Espagne, ainsi que des dépenses en espèces difficilement justifiables au regard de ses déclarations fiscales. Mohamed Hussein Saleh a expliqué ces mouvements par des raisons familiales ou des activités professionnelles légales. Il a également soutenu que les sommes d’argent saisies lors de perquisitions provenaient de prêts ou d’économies personnelles.

Face à ses coprévenus

Sa proximité avec Félix Bingui, considéré comme la tête présumée du réseau, a été longuement évoquée. L’accusé a reconnu le connaître depuis de nombreuses années, mais a minimisé la nature de leur relation. Il a assuré n’avoir jamais participé à des réunions ou à des décisions concernant la gestion de stupéfiants, et a insisté sur le fait que leurs contacts étaient sociaux, non criminels.

Un procès sous haute surveillance

Ce volet du dossier vise plusieurs dizaines de prévenus, dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic qui gangrène certains quartiers de Marseille. Le tribunal examine depuis plusieurs semaines les éléments recueillis lors de l’enquête préliminaire, qui avait permis l’interpellation simultanée de nombreux suspects. Les débats se poursuivront dans les jours à venir, avec l’audition d’autres membres présumés de l’organisation et l’examen des preuves matérielles.