Les députés ont approuvé, le 23 juin 2026, le projet de réforme constitutionnelle accordant une autonomie élargie à la Corse. Ce texte prévoit notamment la reconnaissance d’une « communauté insulaire corse », une disposition qui suscite de vives controverses au sein de la classe politique. Lors des débats, plusieurs voix se sont élevées contre ce qu’elles considèrent comme une atteinte à l’unité nationale.
Le projet de loi a été adopté après des discussions nourries dans l’hémicycle. La majorité présidentielle, soutenue par une partie de la gauche, a voté en faveur du texte, tandis que Les Républicains et le Rassemblement national s’y sont opposés, dénonçant un risque de dérive communautaire et de fragilisation de la République.
Prochaine étape : le Sénat
Désormais, le texte doit être examiné par le Sénat, où les oppositions sont particulièrement marquées. Les sénateurs, majoritairement issus de la droite, se sont déjà montrés très sceptiques, voire ouvertement hostiles, à l’égard de cette réforme. Plusieurs d’entre eux estiment que la reconnaissance d’une identité corse spécifique pourrait créer un précédent dangereux pour d’autres territoires de la République.
Le gouvernement espère toutefois obtenir un compromis, afin d’éviter un blocage institutionnel. La ministre de la Décentralisation avait, dans les semaines précédant le vote, multiplié les interventions pour défendre le projet, affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une « dérive communautaire » mais d’une « reconnaissance de la singularité corse dans le cadre républicain ».
Réactions politiques contrastées
À l’Assemblée, les débats ont été marqués par des échanges tendus. Les opposants au texte ont dénoncé une « brèche dans l’unité nationale », tandis que ses partisans ont mis en avant la nécessité d’apaiser les tensions en Corse, où la question de l’autonomie est un sujet sensible depuis des décennies. Les nationalistes corses, par la voix de leur leader Gilles Simeoni, avaient prévenu qu’un échec du projet serait « lourd de conséquences » pour l’île et pour ses relations avec l’État.
Un processus législatif long et incertain
Le vote des députés ne constitue qu’une première étape d’un parcours législatif complexe. Pour être définitivement adoptée, la réforme constitutionnelle devra recueillir une majorité des trois cinquièmes au Congrès du Parlement, réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat. Si le Sénat venait à rejeter le texte, le gouvernement pourrait être contraint de revoir sa copie ou d’abandonner le projet, ce qui risquerait de raviver les tensions en Corse.
Par ailleurs, des constitutionnalistes ont exprimé leurs réserves sur la conformité du texte à la Constitution, dénonçant un risque de « dérive clientéliste ». Le projet est donc loin de faire l’unanimité, tant sur le fond que sur la forme.
Conclusion
Le vote de l’Assemblée nationale sur l’autonomie élargie de la Corse ouvre un nouveau chapitre dans le feuilleton politique de la réforme constitutionnelle. Alors que le Sénat se prépare à examiner le texte, les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir institutionnel de l’île et pour l’équilibre des relations entre Paris et Ajaccio. Les regards sont désormais tournés vers la chambre haute du Parlement, où se jouera une partie cruciale pour l’issue de ce processus.