L'Assemblée nationale a consacré de longues heures, mardi 16 et mercredi 17 juin, à reformuler le futur paragraphe destiné à inscrire dans la Constitution l'autonomie de la Corse. Les discussions ont mis en lumière des divergences de fond entre les forces politiques, notamment au sein de la gauche, sur l'équilibre à trouver entre l'égalité républicaine et la reconnaissance de spécificités locales.
Une gauche divisée sur le principe
Les débats ont révélé un clivage au sein des partis de gauche. Si La France insoumise s'est ralliée à l'option de l'autonomie, d'autres sensibilités demeurent attachées à un principe d'égalité absolue devant la loi, sans dérogation territoriale. Cette fracture a donné lieu à des échanges nourris dans l'hémicycle, chaque camp défendant sa conception de la République.
La question de la rédaction constitutionnelle
Les parlementaires se sont également penchés sur le choix des mots du futur texte constitutionnel. Des interrogations ont émergé sur la pertinence de répéter à deux reprises le terme « insularité » dans un même paragraphe, certains estimant que cela affaiblissait la portée juridique et symbolique de la disposition. D'autres ont débattu de la formule consacrant le lien à « la terre » ou à « sa terre », une nuance qui renvoie à des conceptions différentes de l'attachement territorial.
Un processus législatif sous haute surveillance
La discussion de ces amendements s'inscrit dans un calendrier parlementaire serré, le gouvernement souhaitant aboutir à un vote conforme avant la fin de la session. Les opposants au projet, issus de divers horizons politiques, continuent de dénoncer ce qu'ils perçoivent comme une brèche ouverte au communautarisme, tandis que les partisans de l'autonomie plaident pour une adaptation institutionnelle à la réalité insulaire.