Le processus d'autonomie pour la Corse a franchi une nouvelle étape cette semaine avec une prise de parole remarquée de la ministre de la Décentralisation. Celle-ci a directement interpellé les opposants au projet, les appelant à ne pas « diaboliser » la démarche et à reconnaître la spécificité de l'île.

Un appel au dialogue

S'exprimant devant les députés, la ministre a tenu à rassurer les élus les plus réticents. « Il s'agit de construire un statut respectueux de la Constitution et des valeurs de la République », a-t-elle déclaré, en insistant sur le fait que le texte ne remet pas en cause l'unité nationale. Elle a également souligné que le projet, issu d'un long travail de concertation avec les élus corses, répond à une demande légitime de reconnaissance.

Cette sortie intervient alors que les débats s'annoncent serrés dans l'hémicycle. Plusieurs groupes parlementaires ont fait part de leurs réserves, craignant un précédent pour d'autres régions. La ministre a balayé ces inquiétudes, affirmant que chaque territoire a son histoire et que la Corse, en raison de sa situation insulaire et de sa langue, justifie un traitement particulier.

Les grandes lignes du projet

Le texte examiné prévoit un transfert de compétences élargi à la collectivité de Corse, notamment dans les domaines de l'éducation, de l'aménagement du territoire et de la fiscalité. Il instaurerait également une forme de pouvoir législatif local, encadré par le Parlement national. Les opposants dénoncent un « démantèlement » de l'État, tandis que ses partisans y voient une « révolution silencieuse ».

Le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, avait prévenu en amont qu'un échec du projet serait « lourd de conséquences » pour l'île. Il avait appelé les parlementaires à ne pas laisser passer cette « occasion historique ».

Des débats sous haute tension

Les discussions à l'Assemblée nationale ont déjà donné lieu à plusieurs passes d'armes. Certains députés nationalistes corses présents dans les tribunes ont observé les échanges avec attention. La ministre a invité les opposants à « sortir des postures » et à examiner le texte « avec sérieux ».

Le gouvernement espère un vote conforme d'ici la fin de la session parlementaire, mais rien n'est encore acquis. Le chemin législatif reste semé d'embûches, entre menaces de recours devant le Conseil constitutionnel et pression de l'opinion publique. Le sort de l'autonomie corse se jouera dans les prochains jours.