Les discussions autour du rachat de SFR entrent dans une phase décisive. Ce vendredi 5 juin en soirée, les quatre acteurs des télécommunications françaises ont annoncé qu'ils se donnaient jusqu'à dimanche pour conclure un accord. L'exclusivité des négociations, accordée par Altice, propriétaire de l'opérateur au carré rouge, arrivait à échéance ce même vendredi. Ce nouveau délai de quarante-huit heures est vu comme une ultime tentative pour parvenir à une entente.

Un processus entamé depuis près d'un an

Cette opération de grande ampleur a débuté à l'été 2025, bien avant la première offre officielle. Les dirigeants des quatre groupes se sont rencontrés à plusieurs reprises, souvent dans la discrétion, pour esquisser les contours d'un possible rachat. En octobre 2025, Orange, Free et Bouygues Telecom ont déposé une première offre conjointe de 17 milliards d'euros pour acquérir les activités de SFR. Celle-ci a été rejetée par Patrick Drahi, fondateur d'Altice. À l'époque, le directeur général d'Iliad, Thomas Reynaud, avait estimé que ce refus était prévisible.

Une offre relevée et une phase d'audit accélérée

Au début de l'année 2026, le dossier a repris de l'élan. Une due diligence éclair a été menée par près de deux cents experts, qui ont examiné les comptes de SFR en seulement cinq semaines. Parallèlement, une contrainte réglementaire imposait une conclusion avant la fin mars afin que le dossier reste sous la juridiction de l'Autorité de la concurrence française plutôt que de la Commission européenne. Le 17 avril, le trio d'acquéreurs potentiels a soumis une nouvelle proposition, portant cette fois sur 20,35 milliards d'euros. Patrick Drahi a alors accepté d'ouvrir des négociations exclusives, initialement jusqu'au 15 mai. Ce premier délai a été prolongé jusqu'au 5 juin, les parties jugeant leurs échanges « constructifs ».

Un partage des actifs déjà esquissé

La répartition entre les trois repreneurs semble déjà largement définie. Bouygues Telecom obtiendrait la clientèle professionnelle ainsi que les réseaux ruraux, pour 42 % du montant total. Free se verrait attribuer 31 % de l'opération, principalement sur les abonnés grand public et les fréquences, et Orange 27 %. Cette réorganisation ramènerait le marché français des télécoms à trois opérateurs nationaux, une configuration inédite depuis l'arrivée de Free Mobile en 2012.

Des inquiétudes syndicales

Les syndicats, en particulier la CFE-CGC Télécoms, suivent le dossier avec précaution. Ils avaient précédemment dénoncé une enveloppe d'un milliard d'euros qui pourrait financer des suppressions de postes, redoutant des plans sociaux massifs dans le cadre de cette restructuration. Ces craintes persistent alors que les négociations entrent dans leur dernière ligne droite.