L'opération de rachat de l'opérateur télécoms SFR par ses trois concurrents historiques a été finalisée, ont annoncé les parties prenantes dans un communiqué conjoint. Bouygues Telecom, Free et Orange mettent ainsi un terme à plus d'un an de négociations marquées par des tensions entre le cédant Altice et les acquéreurs.

Selon les termes de l'accord, le montant total de la transaction s'élève à environ 20,35 milliards d'euros, un montant qualifié de « jackpot » par des observateurs pour Orange, qui se voit attribuer la plus grande part des actifs. L'opération conduira à un redécoupage du marché français des télécommunications, qui passera de quatre à trois opérateurs nationaux.

Le partage des actifs entre les trois opérateurs

Orange récupère l'essentiel de la base clients fixes et mobiles de SFR ainsi que ses infrastructures de réseau fixe, renforçant sa position de leader sur le marché résidentiel et professionnel. Free se voit attribuer les activités de SFR sur les entreprises, une partie des fréquences mobiles et certains datacenters. Bouygues Telecom hérite notamment de la marque SFR, de ses boutiques ainsi que d'une partie du réseau mobile et des fréquences.

Les trois opérateurs se partagent également la dette de SFR, qui s'élève à plusieurs milliards d'euros, dans des proportions qui n'ont pas été rendues publiques. Cette répartition devrait permettre à chaque groupe de maintenir un niveau d'endettement compatible avec ses politiques financières.

Un contexte de consolidation longtemps attendue

Cette acquisition intervient après une année de négociations exclusives, ponctuées de plusieurs prolongations et de nombreux rebondissements. Les discussions ont notamment achoppé sur la valorisation des actifs, le partage des fréquences et le sort des employés de SFR. Altice, actionnaire majoritaire de SFR depuis 2014, cherchait à céder l'opérateur dans un contexte de dette du groupe et de pression concurrentielle accrue sur le marché français.

Le gouvernement avait été tenu informé des négociations, les autorités de la concurrence devant désormais examiner le projet pour s'assurer qu'il ne porte pas atteinte à la compétitivité du secteur. Les syndicats ont exprimé des inquiétudes quant aux conséquences sociales de l'opération, plusieurs milliers de postes étant potentiellement concernés par des suppressions ou des reclassements.

Conséquences pour les consommateurs

Les associations de consommateurs redoutent une hausse des prix des forfaits mobiles et des abonnements internet, le marché passant de quatre à trois acteurs nationaux. Les trois opérateurs se sont engagés à maintenir une offre d'entrée de gamme et à poursuivre les investissements dans le déploiement de la fibre optique et de la 5G.

Les abonnés de SFR seront progressivement transférés vers les réseaux des trois acquéreurs, selon une répartition des lignes définie par l'accord. Les modalités pratiques de ce transfert seront communiquées dans les semaines à venir.

Prochaines étapes

L'accord est soumis à l'approbation des autorités de la concurrence et des régulateurs des télécoms. Le processus d'examen pourrait prendre plusieurs mois. Les trois opérateurs espèrent une finalisation complète de l'opération d'ici la fin de l'année 2026 ou le début 2027.