Le feuilleton du rachat de SFR a connu un dénouement in extremis. Dans la soirée du samedi 6 juin 2026, Orange, Bouygues Telecom et Free (Iliad) ont signé un accord avec Altice France pour l’acquisition de l’opérateur au carré rouge, pour un montant total de 20,35 milliards d’euros. Un complément de prix pouvant atteindre 650 millions d’euros supplémentaires est prévu au moment où l’opération sera définitivement conclue, attendue au second semestre 2027.
Un partage des actifs désormais connu
Bouygues Telecom est le grand bénéficiaire de cette répartition : il hérite d’environ 42 % des actifs de SFR. L’intégralité des contrats avec les entreprises lui revient, ainsi qu’une large portion des réseaux et infrastructures mobiles, notamment dans les zones les moins densément peuplées. Free obtient 31 % des actifs, et Orange 27 %. Les deux opérateurs se répartissent principalement la clientèle grand public et certaines ressources, comme les fréquences radio. Free met la main sur RED by SFR, la marque low cost de l’opérateur.
Des négociations qui ont failli échouer
L’annonce officielle est intervenue moins de vingt-quatre heures après un communiqué, diffusé vendredi soir, dans lequel les quatre parties indiquaient qu’elles se donnaient encore 48 heures pour finaliser les discussions. Selon un dirigeant ayant participé aux tractations, un texte mettant fin aux négociations et annulant l’opération a même été sur le point d’être envoyé. L’accord a finalement été scellé samedi soir, mettant fin à des mois de pourparlers souvent décrits comme houleux.
Garanties pour les salariés
L’accord comprend une clause de maintien dans l’emploi pour les collaborateurs de SFR concernés par la reprise, valable jusqu’au début de l’année 2029. Cette disposition vise à rassurer les équipes alors que le processus de cession suscite des inquiétudes sur l’avenir des effectifs.
Une opération soumise au feu des autorités
Le communiqué conjoint des quatre entreprises qualifie cette transaction de « l’une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications ». Toutefois, l’accord doit encore recevoir l’aval des autorités de la concurrence françaises et européennes. Le texte précise qu’« il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée ». L’examen réglementaire pourrait prendre plusieurs mois, voire plus d’un an, avant une décision définitive.
Un paysage à trois opérateurs
Avec la disparition de SFR en tant qu’entité indépendante, la France passera de quatre à trois grands opérateurs nationaux. Cette concentration du marché fait suite à l’arrivée de Free en 2012, qui avait bouleversé le secteur avec ses forfaits à bas prix. Les effets sur la concurrence et sur les consommateurs seront scrutés de près par les régulateurs.