Le rachat de SFR par Orange, Free et Bouygues Telecom pour 20,35 milliards d'euros, officialisé ce week-end, est le fruit d'un an de négociations particulièrement difficiles. Les protagonistes des discussions, qui ont abouti à un accord final, n'ont pas caché les tensions qui ont émaillé ce processus.
« Évidemment qu'on se “frite”, on n'est jamais d'accord, on s'engueule », a confié un participant aux tractations, résumant l'atmosphère des échanges. Les divergences entre les parties ont été constantes tout au long de l'année, chaque opérateur défendant âprement ses intérêts dans le partage des actifs du quatrième opérateur français.
Un découpage complexe
L'accord prévoit le dépeçage de SFR, dont les actifs seront répartis entre les trois acquéreurs. Altice, la maison mère, cède l'intégralité de ses activités françaises. Orange récupère une partie du réseau fixe, Free obtient des fréquences mobiles et des clients, tandis que Bouygues Telecom hérite notamment des infrastructures et d'une partie de la base d'abonnés. La valorisation totale de l'opération s'élève à 20,35 milliards d'euros, un montant qui a fait l'objet d'intenses marchandages.
Un processus sous haute tension
Les négociations, entamées il y a un an, ont connu plusieurs moments de rupture. Les sources évoquent des « négociations à couteaux tirés », chaque camp cherchant à maximiser ses gains. Les dirigeants d'Altice France et des trois opérateurs ont multiplié les réunions, souvent houleuses, pour parvenir à un compromis. Les désaccords portaient sur la valorisation des différents actifs, les conditions de reprise des salariés, ou encore le partage des réseaux.
Réactions des acteurs
Interrogé sur ces tensions, un cadre proche du dossier a déclaré : « On s'engueule, mais on finit toujours par trouver un accord. » Cette déclaration illustre la capacité des parties à surmonter leurs divergences pour aboutir à une transaction majeure qui redessine le paysage des télécommunications en France.
Les prochaines étapes
L'accord doit encore recevoir l'aval des autorités de la concurrence. Les syndicats, de leur côté, attendent des précisions sur les garanties sociales. Le gouvernement suivra de près la mise en œuvre de cette opération, qui pourrait avoir des conséquences sur l'emploi dans le secteur des télécoms.