Une minute de silence a été observée à l’Assemblée nationale en hommage à Lyhanna, trois ans, dont le décès, dans des circonstances qui suscitent l’émoi, a placé la protection de l’enfance au cœur des débats politiques. L’hommage s’est déroulé dans un climat tendu, marqué par un échange virulent entre Mathilde Panot, cheffe de file des députés La France insoumise, et Sébastien Lecornu, ministre des Armées, présent pour représenter le gouvernement.

Mathilde Panot a pris la parole pour dénoncer ce qu’elle a qualifié de « gesticulations sécuritaires », reprochant à l’exécutif d’avoir, selon elle, utilisé cette tragédie à des fins politiques, sans engager les réformes structurelles nécessaires pour protéger les enfants. La présidente du groupe LFI a évoqué le cynisme d’un gouvernement qui, selon elle, multiplie les annonces sans mettre en œuvre de mesures concrètes et pérennes.

En réponse, Sébastien Lecornu a fermement rejeté ces accusations, parlant de « cynisme politique » de la part de l’opposition. Il a défendu l’action du gouvernement en annonçant, au nom de l’exécutif, l’élaboration d’une loi intégrale contre les violences sexuelles. Cette proposition législative, selon le ministre, visera à renforcer le cadre juridique et à mieux coordonner les différents acteurs de la protection de l’enfance, de la justice et de la sécurité.

Le ministre des Armées a également insisté sur la nécessité d’agir au-delà des seules mesures administratives ou sécuritaires, en inscrivant dans la loi des dispositifs durables de prévention et de prise en charge des victimes. Il a appelé à un débat parlementaire ouvert, tout en rappelant que plusieurs inspections et réunions interministérielles avaient déjà été lancées dans les jours suivant la mort de Lyhanna.

Cet échange illustre les tensions persistantes autour du traitement politique de l’affaire. D’un côté, l’opposition dénonce un manque d’action concrète et une instrumentalisation du drame pour justifier des mesures répressives. De l’autre, le gouvernement affirme sa volonté d’avancer sur des réformes globales, tout en répondant aux demandes d’information des parlementaires et des familles.

Plusieurs députés de différents groupes ont, au cours de la séance, salué la mémoire de Lyhanna tout en appelant à ne pas faire de sa mort un motif de division politique. La promesse d’une loi intégrale contre les violences sexuelles a été accueillie avec réserve par une partie de l’hémicycle, qui a demandé des précisions quant au calendrier et au contenu du texte.

L’affaire Lyhanna continue de susciter une vive émotion dans le pays et de peser sur l’agenda gouvernemental. Les prochaines semaines devraient voir la poursuite des auditions parlementaires et la préparation du projet de loi promis par le ministre des Armées.