L'affaire Lyhanna continue de susciter des réactions au plus haut niveau de l'État. Alors que la mère de la fillette a annoncé son intention de déposer une plainte contre l'État, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a déploré un manque de dialogue entre les institutions et les familles.

La mère de Lyhanna, surnommée Rosa par les médias pour préserver son anonymat, a fait savoir qu'elle souhaitait engager une action en justice contre l'État. Elle estime que les défaillances des services de protection de l'enfance et de la justice dans le suivi de sa fille ont contribué au drame. Aucune date de dépôt de plainte n'a été précisée.

Dans le même temps, Yaël Braun-Pivet a regretté publiquement l'absence d'échanges entre les acteurs institutionnels et les familles confrontées à des violences. « Il y a un défaut de dialogue, un déficit d'écoute », a-t-elle déclaré, appelant à une meilleure prise en compte des alertes des proches dans les procédures de protection de l'enfance.

L'exécutif envisage de renforcer le projet de loi

Face à l'émotion provoquée par ce drame, le Premier ministre Sébastien Lecornu tente d'apporter des réponses. Selon des informations concordantes, le gouvernement envisage d'ajouter de nouvelles mesures au projet de loi sur la protection de l'enfant, qui doit être présenté en Conseil des ministres à la fin du mois de mai. Ce texte, déjà en préparation, pourrait être enrichi pour répondre aux interrogations soulevées par l'affaire Lyhanna concernant le traitement judiciaire des plaintes pour agressions sexuelles.

Des auditions parlementaires en cours

Par ailleurs, les ministres Gérald Darmanin (Intérieur) et Laurent Nuñez (Justice) ont été auditionnés au Sénat dans le cadre des investigations parlementaires. Une inspection administrative a également été promise sous quinze jours, afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements éventuels dans le suivi de l'enfant.

L'affaire Lyhanna, du nom de cette fillette de 11 ans disparue puis retrouvée sans vie dans le Gers, a profondément choqué l'opinion publique et mis en lumière les failles du système de protection de l'enfance en France.