Auditions parlementaires

Les ministres Gérald Darmanin et Laurent Nuñez ont été auditionnés ce mardi 9 juin par la commission des Lois du Sénat dans le cadre de l’affaire Lyhanna. Cette procédure s’inscrit dans la volonté du Sénat d’établir les responsabilités éventuelles des services judiciaires et policiers dans les défaillances ayant permis au suspect de la mort de la collégienne de rester en liberté.

Interrogés durant plusieurs heures par les sénateurs, les deux ministres ont répondu à des questions pointues sur les failles du suivi judiciaire du mis en cause, déjà connu des services pour des faits de violences. Ils ont notamment dû s’expliquer sur les raisons pour lesquelles un signalement antérieur n’avait pas conduit à une mise en examen ou à un placement en détention provisoire.

Inspection promise sous quinze jours

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, à l’issue d’une réunion interministérielle tenue le même jour, le lancement d’une inspection administrative conjointe des services de la Justice et de l’Intérieur. Cette enquête administrative devra déterminer les dysfonctionnements précis dans le traitement de l’affaire. Le chef du gouvernement s’est engagé à ce que les conclusions soient rendues publiques dans un délai de quinze jours.

Cette annonce intervient après une série de rassemblements citoyens organisés dans plusieurs villes de France pour dénoncer les carences judiciaires et policières ayant permis au meurtrier présumé de la jeune fille de 13 ans d’agir sans avoir été arrêté au préalable.

Contexte de l’affaire

Lyhanna, collégienne de 13 ans, a été tuée le 2 juin dernier à son domicile. Le principal suspect, un homme de 15 ans, avait été signalé aux services de police quelques jours auparavant pour des menaces proférées à l’encontre de la jeune fille. Malgré ce signalement, aucune mesure de protection n’avait été prise, et le suspect n’avait pas été interpellé avant le drame.

L’affaire a suscité une vive émotion dans l’opinion publique et a mis sous pression le gouvernement, accusé de ne pas avoir protégé une adolescente en danger. Plusieurs familles et associations de défense des droits des enfants ont appelé à une réforme en profondeur du système de suivi des auteurs de violences juvéniles.

Réactions politiques

L’audition des ministres a donné lieu à des échanges tendus avec les sénateurs de l’opposition, qui ont dénoncé un « manque de réactivité » des autorités. De leur côté, les ministres ont reconnu « des erreurs dans le circuit d’alerte » mais ont défendu l’action globale des services, estimant que des procédures d’amélioration étaient déjà en cours.

Le Premier ministre a pour sa part réaffirmé sa détermination à « tirer toutes les conséquences » des conclusions de l’inspection. Il a également annoncé la mise en place d’un groupe de travail interministériel chargé de proposer des mesures visant à renforcer la protection des mineurs victimes de violences.

Prochaines étapes

L’enquête administrative devra rendre ses conclusions avant le 24 juin. Le gouvernement s’est engagé à les rendre publiques dans leur intégralité. Parallèlement, l’enquête judiciaire se poursuit sous l’autorité du parquet. Le suspect, mis en examen pour meurtre sur mineure, a été placé en détention provisoire.