Le rapport d’inspection diligenté à la suite de la mort de Lyhanna a été remis ce lundi à Sébastien Lecornu, ministre des Armées et de la Protection de l’enfance. Cette remise intervient après plusieurs semaines de vives interrogations sur les dysfonctionnements signalés dans le traitement des plaintes visant le principal suspect.
Selon des informations communiquées par l’entourage du ministre, le document a été déposé en début de journée au ministère. Son contenu, qui n’a pas encore été rendu public, devrait permettre d’éclairer les défaillances présumées des services de protection de l’enfance et de la police dans le suivi de l’affaire.
Contexte de l’affaire
Lyhanna, une enfant de 7 ans, a été retrouvée morte le 3 juin dernier. Rapidement, l’enquête a mis en cause Jérôme Barela, un individu déjà connu des services pour des faits de violences. Des documents judiciaires et des témoignages ont alors révélé que plusieurs plaintes déposées par la mère de l’enfant n’avaient pas été suivies d’effets, suscitant une forte émotion dans l’opinion publique et au sein de la classe politique.
Le gouvernement avait promis sous quinze jours une inspection administrative, qui a donc été conduite par des inspecteurs généraux. La remise de ce rapport au ministre ce lundi constitue la première étape d’une procédure qui devrait aboutir à des conclusions et, potentiellement, à des sanctions ou à des réformes.
Réactions et attentes
L’affaire a provoqué à l’Assemblée nationale des échanges particulièrement tendus entre Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise, et Sébastien Lecornu. Le 17 juin, après une minute de silence observée dans l’hémicycle, Mme Panot a interpellé le ministre sur les carences du système, tandis que M. Lecornu a défendu l’action gouvernementale et promis une future « loi intégrale contre les violences sexuelles ».
La mère de Lyhanna a également annoncé une plainte contre l’État pour « non-assistance à personne en danger », dénonçant l’inaction des services publics. Cette procédure judiciaire devrait se poursuivre indépendamment du rapport d’inspection.
Prochaine étape
Le cabinet du ministre n’a pas précisé la date à laquelle les conclusions du rapport seraient rendues publiques ni les suites qui seront données. Il est attendu que le document servira de base à une réunion de l’exécutif sur la protection de l’enfance, qui pourrait aboutir à des annonces législatives ou réglementaires dans les semaines à venir.
Des sources proches du dossier indiquent que plusieurs dysfonctionnements majeurs ont été identifiés, notamment dans la chaîne de signalement entre les services sociaux, la police et l’autorité judiciaire. La question de l’absence de réponse face aux multiples alertes de la mère de la victime est au cœur des critiques.