Un protocole d'accord signé entre Washington et Téhéran

Les États-Unis et l'Iran ont franchi une étape décisive vers un apaisement de leur conflit. Mercredi soir, les deux chefs d'État ont chacun signé à distance un protocole d'accord portant sur la cessation des hostilités, la levée du blocus américain des ports iraniens et la réouverture du détroit d'Ormuz. L'annonce a été confirmée par plusieurs capitales, dont le Pakistan, dont le Premier ministre a indiqué que ce texte ouvrait la voie à une reprise « instantanée » du trafic maritime et à une levée « immédiate » des mesures de restriction économiques imposées par Washington.

Ce document constitue un accord-cadre qui engage les deux parties dans une nouvelle phase de négociations d'une durée de soixante jours. L'objectif affiché est de parvenir à une résolution définitive du conflit. Une cérémonie officielle de signature est prévue ce vendredi en Suisse.

Des concessions majeures de part et d'autre

L'équilibre de l'accord semble, dans un premier temps, favorable à Téhéran. En contrepartie d'un renoncement à ses ambitions nucléaires, l'Iran obtient des avantages économiques conséquents. Washington s'engage à lever les sanctions qui frappent le pays, à libérer les actifs iraniens gelés à l'étranger et à faciliter la création d'un fonds de 300 milliards de dollars destiné à financer la reconstruction de l'économie iranienne. Les termes précis de ces engagements devront être négociés dans les semaines à venir.

Réactions des marchés et chute du pétrole

Les places financières ont immédiatement salué cette avancée diplomatique. Les Bourses asiatiques ont fortement progressé : l'indice Nikkei de Tokyo a gagné 1,88 %, atteignant un nouveau record en séance à près de 71 400 points. À Séoul, l'indice Kospi a franchi pour la première fois de son histoire la barre symbolique des 9 000 points, dopé par les valeurs technologiques.

Le marché pétrolier a également réagi vivement. La perspective d'une réouverture du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour près d'un tiers du commerce mondial de brut, a entraîné une chute des cours. Le baril de WTI nord-américain reculait de près de 2 %, à 75,33 dollars, tandis que le Brent de la mer du Nord s'établissait à 78,16 dollars, en baisse de 1,75 %. « La signature d'un protocole d'accord et une voie plus rapide vers la réouverture d'Ormuz devraient permettre d'éliminer une partie de la prime de risque liée à la panique sur le marché du brut », a commenté un analyste de SPI Asset Management.

Des positions encore prudentes

Malgré cette avancée, plusieurs capitales demeurent réservées. La France a exprimé des doutes quant à la mise en œuvre rapide des engagements. Paris écarte notamment l'idée d'un « péage » que Téhéran souhaiterait instaurer dans le détroit. L'Iran a réitéré son intention de prélever des frais de passage, une position qui suscite des tensions avec les pays occidentaux et les compagnies maritimes.

La question de la fiabilité des accords reste également en suspens. Des voix s'élèvent aux États-Unis pour dénoncer un accord qui « roule Washington dans la farine », selon les termes d'observateurs, estimant que les négociations partent sur des bases trop favorables à l'Iran.

Prochaines étapes

Les soixante jours à venir seront déterminants. Les équipes de négociateurs devront préciser les modalités de la levée des sanctions, le calendrier de la réouverture complète du détroit et les garanties concernant le programme nucléaire iranien. La cérémonie de vendredi en Suisse devrait donner le coup d'envoi officiel de ces discussions techniques. En attendant, le détroit d'Ormuz reste fermé, et les marchés observeront avec attention les premiers signes concrets de sa réouverture.