Le gouvernement iranien a officialisé la fermeture du détroit d'Ormuz, l'un des passages maritimes les plus fréquentés au monde pour le transport de pétrole, a-t-on appris de sources officielles. Cette décision, annoncée comme une riposte au blocus américain qui entrave le commerce iranien, marque une nouvelle étape dans la confrontation entre Téhéran et Washington.

Selon les autorités iraniennes, le détroit sera désormais inaccessible aux navires sous pavillon étranger, à l'exception de ceux bénéficiant d'une autorisation spéciale. Les Gardiens de la révolution, chargés de la sécurité maritime dans la région, ont reçu l'ordre de faire respecter cette mesure.

Un verrou stratégique pour l'économie mondiale

Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et la péninsule arabique, constitue un goulot d'étranglement essentiel pour le commerce pétrolier mondial. Environ un quart du pétrole brut transporté par voie maritime transite par cette voie d'eau. Sa fermeture risque de provoquer une flambée des prix de l'énergie et des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement.

Les autorités iraniennes justifient leur action en invoquant le blocus naval décrété par les États-Unis, qui a considérablement réduit les exportations iraniennes de pétrole et entravé le commerce international de la République islamique. Téhéran estime que cette mesure américaine constitue une agression économique inacceptable.

Réactions internationales

Cette annonce a suscité des réactions contrastées sur la scène internationale. Plusieurs pays, notamment les alliés des États-Unis, ont exprimé leur préoccupation face à cette escalade. Le gouvernement américain n'a pas encore officiellement réagi à cette décision, mais des sources proches de l'administration indiquent qu'il envisage une réponse.

Des analystes estiment que la fermeture du détroit pourrait avoir des conséquences économiques majeures pour l'Iran lui-même, qui utilise également cette voie pour ses propres exportations pétrolières. Téhéran assure néanmoins avoir pris des dispositions pour minimiser l'impact sur ses propres activités.

Escalade dans le conflit

Cette mesure intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l'Iran et les États-Unis. Les deux pays s'accusent mutuellement de provocation. Le président américain avait récemment salué le blocus contre l'Iran, affirmant que Téhéran ne paierait plus ni son armée ni ses factures grâce à cette mesure.

La fermeture du détroit d'Ormuz constitue une première dans l'histoire moderne de la région. Même pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), le détroit était resté officiellement ouvert, bien que des incidents aient eu lieu.

Les autorités iraniennes n'ont pas précisé la durée de cette fermeture, mais ont laissé entendre qu'elle pourrait être levée en cas de levée du blocus américain.