Le président des États-Unis, Donald Trump, a réaffirmé sa volonté de voir le détroit d'Ormuz « complètement » rouvert d'ici vendredi, suscitant un mélange d'espoir et de scepticisme à Paris comme à Téhéran. Si l'annonce d'un accord avec l'Iran a fait chuter les cours du pétrole de 4 %, la réalité du terrain semble plus nuancée.
Un calendrier ambitieux mais contesté
La promesse d'une réouverture totale a été formulée à plusieurs reprises par l'exécutif américain, qui insiste sur la signature imminente d'un accord. Cependant, du côté français, les autorités se montrent réservées. Le ministère des Affaires étrangères a souligné que « la reprise du trafic s'annonce lente » et qu'aucun calendrier précis ne peut être garanti avant la mise en place effective des mécanismes de sécurité et de vérification.
De son côté, Téhéran n'a pas confirmé la date avancée par Washington. Les autorités iraniennes rappellent que la fermeture du détroit était une mesure de rétorsion contre le blocus américain, et que toute réouverture devra être accompagnée de garanties concrètes.
Les implications économiques
La perspective d'une réouverture a immédiatement eu un impact sur les marchés pétroliers, avec une chute de 4 % des cours du brut. Les analystes estiment toutefois que l'effet pourrait être de courte durée si les incertitudes persistent. La France, par la voix de son président, a écarté l'idée d'un « péage » pour le passage des navires, privilégiant une reprise rapide et sans conditions tarifaires.
Le Royaume-Uni s'est déclaré prêt à rétablir la navigation, mais en coordination avec ses alliés et sous réserve d'un accord solide entre Washington et Téhéran. Plusieurs pays européens jugent essentiel de ne pas précipiter les choses pour éviter une escalade.
Un contexte géopolitique tendu
Ces annonces interviennent dans un climat de tensions extrêmes. L'Iran a récemment scellé son stock d'uranium et miné des sites stratégiques, par crainte d'une opération américaine. Parallèlement, les Émirats arabes unis auraient bloqué des fonds destinés à Téhéran, aggravant la pression économique sur le régime.
La fermeture du détroit d'Ormuz, annoncée officiellement en représailles au blocus américain, avait fait grimper les prix de l'énergie et ravivé les craintes d'une crise mondiale. La promesse de Trump, bien que saluée par les marchés, se heurte à la réalité d'un processus de paix fragile.
Un scepticisme partagé
À Paris, on rappelle que la France et le Royaume-Uni disposent d'un plan prêt pour la reprise du trafic, mais que celui-ci ne pourra être activé que lorsque les conditions de sécurité seront réunies. L'administration américaine, de son côté, insiste sur la nécessité de maintenir la pression sur l'Iran tout en offrant une porte de sortie.
Le chef de la diplomatie française a déclaré : « Il serait irresponsable d'annoncer une réouverture complète sans avoir levé toutes les ambiguïtés. » Cette position fait écho aux doutes exprimés par plusieurs experts, qui soulignent que la navigation dans le détroit nécessite des accords techniques et une coordination militaire.
Quel avenir pour le détroit ?
Alors que Donald Trump maintient son calendrier, la communauté internationale observe avec attention les prochaines 48 heures. Si une réouverture partielle ou symbolique est possible, il est peu probable qu'elle soit totale d'ici vendredi, compte tenu des divergences entre les parties.
La question des frais de passage continue également de diviser : les États-Unis et l'Iran ne s'accordent pas sur leur nature. Téhéran réclame une compensation pour la levée du blocus, tandis que Washington refuse tout paiement direct.
En attendant, les compagnies pétrolières et les assureurs maritimes se préparent à des scénarios multiples, entre reprise progressive et maintien du statu quo. Le monde retient son souffle.