La France et le Royaume-Uni ont annoncé être en mesure de rouvrir le détroit d'Ormuz à la navigation, à la suite de l'accord de principe conclu entre les États-Unis et l'Iran. Cette déclaration intervient alors que les détails opérationnels de la reprise du trafic dans cette artère stratégique du transport pétrolier restent sujets à interprétation entre les différentes parties prenantes.
L'accord-cadre, dont la signature officielle est prévue vendredi à Genève, prévoit la levée du blocus américain sur les ports iraniens et la réouverture du détroit. Le président américain a évoqué une reprise immédiate « sans frais », avant de préciser que le passage serait rouvert le jour de la signature, le temps d'achever les opérations de déminage. De son côté, Téhéran avance un délai de trente jours, assorti de conditions iraniennes, ce qui a immédiatement suscité des interrogations.
Des conditions de réouverture divergentes
Selon des sources concordantes, une clause prévoyant l'instauration d'une redevance pour les services maritimes dans le détroit d'Ormuz aurait été ajoutée au dernier moment par l'Iran. Si les autorités américaines n'ont pas confirmé l'existence de cette disposition, celle-ci est jugée « inacceptable » par Washington, qui a toujours défendu le principe de libre passage. De même, les dirigeants de la France, du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de l'Italie, réunis au sein du groupe dit E4, estiment que la réouverture du détroit doit être « inconditionnelle » et garantir une liberté de navigation sans entrave.
Face à ces incertitudes, Paris et Londres ont indiqué qu'ils disposaient d'un plan prêt à être activé pour sécuriser et rétablir la circulation dans le détroit, sans toutefois en préciser les modalités opérationnelles. Cette annonce vise à rassurer les marchés pétroliers, qui ont vu les cours du brut chuter de près de 5 % après l'annonce de l'accord, dans l'espoir d'un retour rapide des flux d'hydrocarbures.
Un cessez-le-feu conditionné par le dossier libanais
L'accord englobe également un volet régional sensible : le cessez-le-feu au Liban, où le Hezbollah, allié de Téhéran, est engagé dans un conflit avec Israël. Téhéran a affirmé que l'accord prévoit « la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban ». Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a été cité sur ce point par la télévision d'État.
De leur côté, les dirigeants israélien et américain souhaitaient que cette question soit traitée séparément. Le président français a jugé qu'un « cessez-le-feu robuste et durable est indispensable » au Liban, alors que l'armée israélienne a bombardé dimanche la banlieue sud de Beyrouth.
Un calendrier de négociations tendu
Après la signature officielle de l'accord-cadre, prévue vendredi à Genève, les parties disposeront d'un délai de soixante jours pour négocier un accord définitif. Ce processus devra notamment déterminer l'avenir du programme nucléaire iranien, sujet qui reste en suspens. Le médiateur pakistanais, Shehbaz Sharif, n'a quant à lui fait aucune mention du détroit dans ses déclarations publiques, renforçant l'impression que les modalités précises de la réouverture restent à finaliser.
La position des Européens, qui conditionnent leur engagement à une réouverture sans conditions, pourrait constituer un point de friction dans les discussions à venir. Paris et Londres espèrent que leur offre de plan opérationnel contribuera à dissiper les ambiguïtés et à garantir une reprise rapide et sécurisée du trafic pétrolier dans une région où transitent environ 20 % des approvisionnements mondiaux de brut.