Téhéran passe à l'acte

Les Gardiens de la révolution ont annoncé, ce jeudi 11 juin 2026, la fermeture complète du détroit d'Ormuz à toute navigation. Cette décision fait suite à l'imposition, quelques jours plus tôt, d'un blocus naval américain visant à empêcher toute exportation de pétrole iranien. Dans un communiqué diffusé par l'agence de presse officielle Irna, le Corps des Gardiens de la révolution islamique a déclaré que « la République islamique d'Iran ne tolérera aucune entrave à son droit souverain de naviguer dans ses eaux territoriales » et que « le détroit d'Ormuz est désormais fermé jusqu'à nouvel ordre ».

Des sources proches des autorités portuaires de Bandar Abbas ont confirmé que des navires de guerre iraniens bloquent désormais l'accès au passage, large d'une trentaine de kilomètres à son point le plus étroit. Des patrouilles de l'US Navy se tiennent à distance, sans pour l'instant tenter de forcer le passage.

Réactions immédiates à Washington et dans le Golfe

La présidence américaine a réagi par la voix du secrétaire d'État, qui a qualifié cette annonce de « mesure illégale et dangereuse ». Washington a immédiatement saisi le Conseil de sécurité des Nations unies, convoqué en séance d'urgence dans la soirée. Le représentant américain a exigé une résolution condamnant ce qu'il a décrit comme une « tentative de chantage énergétique » et a menacé de répondre « par tous les moyens nécessaires » pour rétablir la libre circulation.

Les monarchies du Golfe, particulièrement vulnérables, ont exprimé leur vive inquiétude. L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont appelé les deux parties à la retenue, tandis que le sultanat d'Oman, qui partage le contrôle d'une partie du détroit avec l'Iran, a proposé une médiation.

Conséquences économiques immédiates

L'annonce a provoqué un choc sur les marchés pétroliers. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a bondi de plus de 8 % en séance, dépassant les 110 dollars, un niveau plus atteint depuis plusieurs années. Les places boursières asiatiques et européennes ont également reculé, les investisseurs redoutant une perturbation massive des approvisionnements. Le détroit d'Ormuz voit transiter environ 20 % du pétrole mondial et une part importante du gaz naturel liquéfié.

L'Agence internationale de l'énergie a annoncé qu'elle étudiait une éventuelle libération de réserves stratégiques pour calmer le marché, tandis que plusieurs pays importateurs, dont la Chine et l'Inde, ont demandé des garanties sur la continuité de leurs approvisionnements.

Contexte de tensions croissantes

Cette escalade intervient après des semaines de tensions accrues entre Téhéran et Washington. Le président Donald Trump, qui a renforcé les sanctions pétrolières contre l'Iran depuis le début de l'année, avait ordonné il y a plusieurs jours le déploiement de forces navales supplémentaires dans le Golfe, officialisant un blocus maritime pour « asphyxier économiquement le régime iranien », selon ses propres termes. L'Iran avait alors prévenu à plusieurs reprises qu'une telle mesure serait considérée comme un acte de guerre et qu'elle répondrait en fermant le détroit.

Les Gardiens de la révolution ont précisé que la fermeture serait maintenue tant que les navires américains patrouilleraient dans la zone. Aucun dialogue direct n'a été rapporté entre les deux capitales. La communauté internationale retient son souffle alors que la situation au Moyen-Orient prend une tournure inédite depuis la guerre du Golfe de 1990-1991.

État des lieux diplomatique

Le secrétaire général des Nations unies a appelé à une désescalade immédiate, jugeant la situation « extrêmement dangereuse pour la paix et la sécurité régionale et mondiale ». La France et le Royaume-Uni ont, conjointement avec l'Allemagne, déposé une proposition de trêve et de reprise des négociations, mais Téhéran a déjà rejeté toute discussion tant que le blocus ne sera pas levé. L'Union européenne a annoncé l'envoi d'un émissaire spécial à Téhéran et à Washington.