Alors que les frappes entre les États-Unis et l’Iran s’intensifient et touchent désormais des infrastructures civiles, des médiateurs régionaux tentent d’arracher une trêve avant que le conflit ne s’étende davantage. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a confirmé lundi que Téhéran avait pris connaissance de « propositions transmises par les médiateurs », tout en refusant d’en révéler les détails. « À ce stade, je préfère ne pas discuter de leurs détails », a-t-il ajouté, précisant que la poursuite des efforts diplomatiques n’exclurait pas la poursuite des actions militaires.
Selon des informations parues dans la presse, le Qatar, l’Égypte, le Pakistan et d’autres acteurs régionaux auraient soumis aux deux parties un plan prévoyant une interruption des hostilités pendant dix jours. Cette pause viserait à relancer le mémorandum d’entente intérimaire conclu le mois dernier entre Washington et Téhéran, qui avait déjà prolongé une trêve entrée en vigueur en avril. Le plan inclurait également la réouverture du détroit d’Ormuz à la navigation commerciale, une des principales pommes de discorde entre les deux camps.
Une escalade qui complique la diplomatie
La fenêtre diplomatique semble pourtant se rétrécir à mesure que les frappes s’étendent. Les États-Unis ont élargi leurs bombardements en territoire iranien, et le président Donald Trump a promis que l’Iran « paierait » après la mort de plusieurs soldats américains. De son côté, Téhéran a multiplié les attaques contre des navires et des cibles à travers la région. Le conflit, déclenché le 28 février par des frappes israéliennes et américaines sur l’Iran, a connu une brève accalmie en avril avant de reprendre de plus belle.
Les deux gouvernements s’accusent mutuellement de violations de l’accord. Baghaei a souligné que toute initiative diplomatique se poursuivrait en parallèle de la réponse militaire iranienne, signe que Téhéran ne souhaite pas fermer la porte à la négociation tout en maintenant la pression sur le terrain.
Des analystes prudents
Des experts estiment que la fenêtre pour une paix négociée pourrait se refermer si chaque nouveau round d’attaques augmente le coût politique d’un compromis pour les deux parties. La proposition de trêve de dix jours, si elle est acceptée, pourrait offrir un répit nécessaire pour rétablir la confiance et relancer les discussions, mais rien n’indique pour l’instant que Washington ou Téhéran soient prêts à faire les premières concessions.