Intervenant dans le débat public après le décès de la petite Lyhanna, Bruno Retailleau a livré une analyse sévère des circonstances ayant conduit à ce drame. « C’est une accumulation de manquements et de ratés », a-t-il déclaré, soulignant selon lui une succession d’échecs dans la protection de l’enfance.

Le responsable politique, officiellement candidat des Républicains pour la présidentielle, a profité de cette prise de parole pour marteler plusieurs propositions visant, dit-il, à « éviter une société de la violence ». Il a notamment plaidé pour une « nouvelle politique pénale » qu’il souhaiterait voir adopter par la voie d’un référendum.

Un arsenal pénal durci

Parmi les mesures mises en avant, Bruno Retailleau s’est déclaré favorable à « des peines incompressibles » pour les auteurs des crimes les plus graves. Il a également réclamé le recours à la castration chimique pour les personnes condamnées pour des actes pédocriminels. « Si on ne le fait pas, on expose nos enfants », a-t-il fait valoir pour justifier cette position.

Le candidat a également abordé la question de la prévention en milieu professionnel. Il a estimé qu’il était nécessaire que les employeurs puissent avoir accès à un fichier recensant les personnes condamnées pour des crimes sexuels contre des enfants. « Il faut que les employeurs puissent avoir accès à un fichier », a-t-il insisté, sans préciser la nature exacte du dispositif envisagé.

Ces déclarations interviennent alors que le gouvernement a présenté, ces derniers jours, plusieurs propositions pour renforcer la protection des mineurs, dans un contexte de vive émotion populaire après la mort de Lyhanna.

Une stratégie de campagne au scalpel

En réagissant directement à ce fait divers tragique, Bruno Retailleau cherche à occuper le terrain de l’autorité et de la sécurité, thèmes centraux de sa campagne. Ses propositions – référendum sur la politique pénale, peines incompressibles, castration chimique et fichier des pédocriminels – dessinent une ligne résolument répressive.

Le candidat Les Républicains semble ainsi vouloir capitaliser sur l’indignation suscitée par l’affaire Lyhanna pour promouvoir une rupture avec ce qu’il perçoit comme une « société de la violence » et une faiblesse de l’État face aux criminels.