L’émotion suscitée par la mort de la petite Lyhanna, survenue dans des circonstances encore en cours d’investigation, continue de nourrir le débat politique sur la protection de l’enfance. Plusieurs figures de l’opposition ont avancé ces dernières heures des propositions visant à renforcer la prévention des violences et à mieux contrôler l’accès des personnes condamnées à des postes en contact avec des mineurs.
Un enseignement dès la maternelle pour prévenir les violences
La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a plaidé pour l’instauration de « cours d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle dès la maternelle ». Selon elle, une telle mesure permettrait de sensibiliser très tôt les enfants aux notions de consentement et d’intégrité corporelle, afin de mieux les armer face à d’éventuelles situations d’abus. Cette proposition, formulée dans le sillage de l’affaire Lyhanna, s’inscrit dans une logique de prévention primaire, visant à outiller les plus jeunes pour reconnaître et signaler des comportements inappropriés.
Olivier Faure favorable à un accès des employeurs publics au fichier des infractions sexuelles
De son côté, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a estimé que les employeurs publics devraient pouvoir consulter le fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS). Il a justifié cette position par la nécessité de renforcer les vérifications préalables à l’embauche ou à l’affectation de personnel dans les structures accueillant des enfants, comme les écoles ou les centres de loisirs. « Nous avons un problème dans la justice parce qu’il n’y a pas suffisamment de moyens », a-t-il également souligné, reliant la question de la protection de l’enfance à celle des ressources allouées à l’institution judiciaire.
La question des responsabilités et de la séparation des pouvoirs
Interrogé sur le rôle des élus locaux dans le contrôle des personnels encadrant des mineurs, Olivier Faure a tenu à rappeler que « ce n’est pas le maire qui fait la justice ». Cette déclaration intervient alors que des voix s’élèvent pour demander des comptes aux municipalités, notamment dans le cadre du scandale du périscolaire à Paris. Le dirigeant socialiste a ainsi tracé une ligne de démarcation entre les responsabilités pénales, qui relèvent de l’autorité judiciaire, et les obligations de vigilance des collectivités, sans pour autant exonérer ces dernières de leur devoir de contrôle.
Un débat qui s’intensifie sur la protection de l’enfance
Ces prises de position s’ajoutent à celles d’autres responsables politiques, à l’image du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui a dénoncé une « accumulation de manquements et de ratés » dans le suivi de l’affaire Lyhanna. Alors que l’enquête se poursuit, les propositions fusent pour tenter de combler les failles du système de protection de l’enfance, qu’elles relèvent de la formation, de la prévention ou du contrôle judiciaire.
Les suggestions de Marine Tondelier et d’Olivier Faure traduisent une approche complémentaire : l’une mise sur l’éducation et la prévention dès le plus jeune âge, l’autre sur un meilleur outillage des employeurs publics pour écarter les personnes condamnées. Reste à savoir si ces propositions parviendront à se traduire en mesures concrètes dans le cadre des débats parlementaires à venir.