Le traumatisme provoqué par la mort de Lyhanna, une enfant de 11 ans dont le corps a été retrouvé après une disparition, continue d'alimenter les prises de position politiques. Après les propositions de Marine Tondelier (éducation sexuelle dès la maternelle) et d'Olivier Faure (élargissement du fichier des délinquants sexuels), ce sont désormais Mathilde Panot, cheffe de file des députés La France insoumise, et Sarah Knafo, eurodéputée Reconquête, qui ont apporté leur pierre au débat, avec des angles très différents.

Mathilde Panot : un procès en manque de moyens

Interrogée à plusieurs reprises sur les violences sexistes et sexuelles, Mathilde Panot a livré un réquisitoire cinglant contre l'exécutif. « La ligne directrice du gouvernement, c'est de ne pas mettre l'argent réclamé par les associations », a-t-elle affirmé, estimant que les moyens financiers alloués à la lutte contre ces violences sont très insuffisants. Pour elle, « il faut une révolution sur ces questions-là », une rupture radicale dans l'approche politique. La priorité absolue, selon la présidente du groupe LFI, est de mettre un terme à l'impunité : « La première des choses à faire, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait plus d'impunités », a-t-elle déclaré, appelant à un changement systémique plutôt qu'à des mesures cosmétiques.

Sarah Knafo : la réponse carcérale comme pilier

À l'opposé du spectre politique, Sarah Knafo, eurodéputée Reconquête, a centré son intervention sur le volet répressif. Elle a plaidé pour « la construction de 100 000 places de prison supplémentaires », un chiffre qui vise à répondre à la surpopulation carcérale et à garantir l'incarcération effective des personnes condamnées, en particulier dans les affaires de violences sexuelles. Ce positionnement s'inscrit dans la ligne dure du parti d'Éric Zemmour, qui considère que la faiblesse des peines et le manque de places de prison sont des facteurs favorisant la récidive.

Un débat politique toujours plus fragmenté

Ces nouvelles prises de parole élargissent encore le spectre des propositions formulées depuis le drame. Alors que Marine Tondelier (Les Écologistes) met l'accent sur la prévention par l'éducation et Olivier Faure (Parti socialiste) sur le fichage des délinquants, la droite républicaine, via Bruno Retailleau, avait déjà dénoncé une « accumulation de manquements et de ratés » et proposé un référendum sur la politique pénale. Les interventions de Mathilde Panot et Sarah Knafo illustrent la polarisation du débat : d'un côté, une demande de renforcement des moyens associatifs et de lutte contre l'impunité par la transformation sociale ; de l'autre, une exigence de fermeté carcérale et de durcissement pénal.

Quel impact sur les annonces gouvernementales ?

Pour l'heure, l'exécutif tente de contenir la colère en multipliant les consultations et les propositions. Mais les critiques fusent de toutes parts, et les divergences entre les formations politiques rendent difficile l'émergence d'un consensus. La question de la protection de l'enfance et de la lutte contre les violences sexuelles reste au cœur de l'agenda politique, chaque camp campant sur ses positions. Les prochaines semaines devraient voir se préciser les mesures concrètes que le gouvernement entend mettre en œuvre, sous la pression d'une opinion publique bouleversée par le sort de Lyhanna.