L’onde de choc provoquée par le décès de Lyhanna, une enfant victime de violences sexuelles, continue de susciter des prises de position parmi les responsables politiques. Plusieurs figures de la vie publique ont livré leur diagnostic sur les défaillances du système de protection de l’enfance et de la justice.

Gabriel Attal dénonce une « faillite totale »

Interrogé sur les crimes sexuels visant les mineurs, le candidat à l’élection présidentielle Gabriel Attal a estimé qu’il existe un sujet sur lequel « on peut tous se retrouver », selon ses propos rapportés. Tout en appelant à une unité nationale sur cette question, il a dressé un constat sévère : « Je suis favorable à ce que la justice puisse rendre des comptes », a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il se montrait « favorable à ce que la justice puisse rendre des comptes ». Plus tôt, il avait employé l’expression de « faillite totale » pour qualifier l’état du système judiciaire, s’exprimant sur un ton très critique.

Dans un autre registre, Gabriel Attal a également commenté les débordements survenus après la victoire du Paris Saint-Germain. Il a dénoncé un « rajeunissement d'une violence de plus en plus débridée », opérant un lien entre ces violences urbaines et la nécessité d’une réponse pénale plus ferme.

Jean-Philippe Tanguy : un problème de moyens

De son côté, le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy a livré une analyse centrée sur les ressources allouées à la justice. « C'est avant tout un problème de moyens », a-t-il déploré au sujet de l’affaire Lyhanna. Il a estimé que les lois votées doivent être appliquées, mais qu’à défaut de moyens, leur mise en œuvre reste lettre morte.

Le parlementaire a également exprimé sa compréhension face à la colère des familles : « Je comprends que les 70 000 familles qui attendent le traitement de leur plainte soient déçues », a-t-il reconnu. Ce chiffre, mis en avant par plusieurs acteurs, illustre l’ampleur des dossiers en souffrance dans les tribunaux.

Un débat qui s’intensifie

Ces interventions s’inscrivent dans un débat politique déjà nourri. Avant eux, Bruno Retailleau, candidat Les Républicains, avait dénoncé une « accumulation de manquements et de ratés » et proposé un référendum sur la politique pénale. À gauche, Mathilde Panot, de La France insoumise, avait réclamé une « révolution » contre les violences sexuelles, tandis que Sarah Knafo, du parti Reconquête, préconisait la création de 100 000 places de prison supplémentaires. Les écologistes, par la voix de Marine Tondelier, avaient mis l’accent sur l’éducation sexuelle dès la maternelle, et le socialiste Olivier Faure avait défendu un accès élargi au fichier des délinquants sexuels.

Alors que le gouvernement tente d’apaiser la colère en avançant plusieurs propositions, les positions des uns et des autres révèlent des clivages profonds sur les remèdes à apporter face à la violence faite aux enfants. Le débat public promet de se poursuivre dans les prochains jours.