Le décès de la jeune Lyhanna continue de susciter une vague de propositions et de déclarations sur l'ensemble de l'échiquier politique français. Après les prises de position de Marine Tondelier et d'Olivier Faure plus tôt dans la journée, deux nouvelles voix se sont élevées ce mercredi, portant des diagnostics et des remèdes radicalement différents.
Mathilde Panot : « Il faut une révolution »
La cheffe de file des députés de La France insoumise, Mathilde Panot, a estimé que la tragédie appelait à une remise en cause profonde du système. « Il faut une révolution sur ces questions-là », a-t-elle déclaré. Selon elle, l'affaire Lyhanna illustre une « faillite systémique » qui exige de « tout changer dans notre manière de protéger les enfants et de sanctionner les agresseurs ». La candidate à l'élection présidentielle n'a pas détaillé de mesure législative précise, mais a insisté sur la nécessité de ne pas se contenter d'« ajustements à la marge ». Elle a également critiqué l'incapacité du gouvernement à organiser des rassemblements populaires dans un contexte de tensions, évoquant les débordements survenus après une victoire sportive, mais ces propos n'étaient pas directement liés au drame.
Sarah Knafo : 100 000 places de prison et maintien de l'autorité parentale
De son côté, la candidate de Reconquête pour l'élection présidentielle, Sarah Knafo, a avancé des réponses répressives très concrètes. Elle a plaidé pour la construction de « 100 000 places de prison supplémentaires » afin de mettre fin à ce qu'elle considère comme une « impunité » des délinquants et criminels. Interrogée sur les mesures de protection de l'enfance et les violences sexuelles, Sarah Knafo s'est prononcée contre toute remise en cause du principe de l'autorité parentale. Selon elle, la priorité est d'incarcérer les auteurs de violences le plus en amont possible, afin d'éviter des récidives tragiques. « Il faut des places de prison, et il faut qu'elles soient occupées par ceux qui violent et qui tuent », a-t-elle résumé, jugeant que la politique pénale actuelle était trop « laxiste ».
Des approches inconciliables
L'opposition entre ces deux visions illustre la polarisation du débat autour de la mort de Lyhanna. D'un côté, l'extrême gauche insiste sur une « révolution » culturelle et judiciaire, de l'autre, l'extrême droite prône le tout-répressif. Les déclarations de Mathilde Panot et de Sarah Knafo s'ajoutent à celles, plus tôt dans la journée, de Bruno Retailleau (LR), qui proposait un référendum sur la politique pénale, et de Marine Tondelier (EELV), qui plaidait pour une éducation à la vie affective et sexuelle dès la maternelle. Le gouvernement, par la voix de Gabriel Attal, a reconnu une « faillite totale » du système judiciaire et de protection de l'enfance, et a promis des mesures, notamment via le garde des Sceaux.
Les familles de victimes et les associations de défense des droits des enfants, qui se sont exprimées dans la journée, attendent désormais des actes concrets, alors que la colère ne retombe pas dans l'opinion publique.