La polémique enfle autour de la gestion des crimes sexuels visant les mineurs. Alors que le Premier ministre Gabriel Attal a reconnu une « faillite totale » du système judiciaire et prône une réforme en profondeur pour répondre au « désarroi » des victimes, le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy monte au créneau. Il accuse le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, d’avoir « beaucoup trop menti » sur l’ampleur du phénomène et les moyens alloués à la justice.
Des accusations de mensonge sur les chiffres
Intervenant dans le débat public après le décès de la petite Lyhanna, Jean-Philippe Tanguy a estimé que le ministre de la Justice n’avait pas été sincère dans ses déclarations concernant les crimes sexuels perpétrés sur des enfants. « Gérald Darmanin a beaucoup trop menti », a-t-il affirmé, sans fournir de précisions supplémentaires sur les points précis qu’il conteste. Le député RN dénonce une communication gouvernementale qui, selon lui, masque la réalité des statistiques et l’incapacité des services à traiter les plaintes.
Un système judiciaire en crise structurelle
Au-delà de l’attaque personnelle, l’élu du Rassemblement national alerte sur le manque chronique de moyens de l’institution judiciaire. Il rappelle que des dizaines de milliers de familles attendent toujours que leur plainte soit instruite, une situation qu’il qualifie de « désarroi » profond. Ces critiques font écho à celles d’autres responsables politiques, de tous bords, qui pointent depuis plusieurs jours les carences du système : sous-effectifs, lenteurs des procédures, et absence de suivi des auteurs récidivistes.
Les propositions du gouvernement
Face à la colère grandissante, Gabriel Attal a esquissé plusieurs pistes de réforme. Le chef du gouvernement a notamment évoqué la création de nouveaux pôles spécialisés dans la prise en charge des victimes mineures, un renforcement des peines pour les récidivistes et une meilleure coordination entre les services de police, de justice et de protection de l’enfance. Il a promis de présenter un projet de loi « avant la fin de l’été » pour « restaurer la confiance » des Français dans l’institution.
Le spectre des 70 000 familles
Un chiffre revient dans le débat : celui de 70 000 familles qui attendraient le traitement de leur plainte pour des faits de violences sexuelles. Si ce nombre a été avancé par plusieurs élus de l’opposition, le gouvernement n’a ni confirmé ni infirmé cette estimation. Jean-Philippe Tanguy s’en est emparé pour dénoncer « une justice à deux vitesses » où les auteurs présumés bénéficient de la présomption d’innocence tandis que les victimes sont abandonnées.
Une séquence politique sous tension
L’affaire Lyhanna a ouvert une séquence politique particulièrement tendue, chaque camp tentant de capitaliser sur l’émotion populaire. Le Rassemblement national, par la voix de Jean-Philippe Tanguy, lie explicitement cette crise à la question de l’immigration, estimant que celle-ci « a une cause là-dedans », en référence aux violences urbaines ayant suivi la victoire du PSG. Une déclaration qui a suscité de vives réactions à gauche, où l’on accuse le RN d’instrumentaliser un drame familial à des fins électoralistes.
En attendant les annonces législatives promises, l’exécutif doit faire face à une défiance croissante de la part des associations de victimes et d’une partie de la classe politique, qui jugent les mesures insuffisantes au regard de l’urgence de la situation.