La disparition tragique de Lyhanna, une fillette de 7 ans, continue de provoquer des réactions politiques. Alors que le gouvernement s'efforce de contenir la colère, plusieurs responsables de l'opposition ont formulé leurs propres propositions pour renforcer la protection de l'enfance. Parmi eux, la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, prône une éducation à la vie affective et sexuelle dès la maternelle, tandis que le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, défend un accès élargi au fichier des délinquants sexuels.

Interrogée sur les mesures à prendre après ce drame, Marine Tondelier a souligné la nécessité d'une prévention précoce. Selon elle, il est essentiel d'instaurer un enseignement dès le plus jeune âge, afin que les enfants puissent identifier et signaler des comportements inappropriés. Cette approche s'inscrit dans une logique de long terme, visant à briser le silence qui entoure souvent les violences sexuelles. La dirigeante écologiste estime qu'une telle éducation permettrait de donner aux enfants les clés pour se protéger et comprendre les notions de consentement et d'intégrité corporelle.

De son côté, Olivier Faure a mis l'accent sur la traçabilité des agresseurs. Il propose d'élargir l'accès au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS). Pour le leader socialiste, il s'agit de permettre à davantage d'acteurs, notamment dans le monde associatif et éducatif, de consulter ce fichier afin de vérifier l'absence d'antécédents chez les personnes encadrant des mineurs. Cette mesure, argumente-t-il, pourrait empêcher qu'une personne déjà condamnée pour des faits similaires ne se retrouve en contact avec des enfants.

Ces prises de position s'ajoutent à celles déjà exprimées par d'autres responsables politiques. Le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a de son côté dénoncé une « accumulation de manquements et de ratés » dans le suivi de la situation de Lyhanna. Il a proposé un référendum sur la politique pénale, visant à durcir les sanctions et à revoir les procédures de suivi des délinquants. Cette orientation régressive contraste avec les approches plus préventives défendues par la gauche.

Les réactions se multiplient également au sein de La France insoumise. La présidente du groupe à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a estimé que la priorité était de mettre fin à l'impunité. « La première des choses à faire, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait plus d'impunités », a-t-elle déclaré. Elle a également critiqué le gouvernement pour son manque de moyens alloués aux associations luttant contre les violences sexistes et sexuelles, affirmant que « la ligne directrice du gouvernement, c'est de ne pas mettre l'argent réclamé par les associations ». Pour elle, une « révolution sur ces questions-là » est nécessaire.

Dans un registre différent, la députée européenne Sarah Knafo, membre de Reconquête, a défendu une approche répressive. Elle s'est prononcée en faveur de « la construction de 100.000 places de prison », estimant que seul un enfermement massif des délinquants, y compris des auteurs de violences sexuelles, pourrait protéger la société.

L'affaire Lyhanna a ainsi ouvert un large débat politique sur les moyens de protéger les enfants. Les propositions vont de la prévention par l'éducation à la répression pénale, en passant par un meilleur partage des informations judiciaires. Le gouvernement, de son côté, a présenté plusieurs pistes pour tenter d'apaiser les inquiétudes, sans pour autant convaincre l'ensemble de la classe politique. Les associations de protection de l'enfance, qui réclament depuis longtemps des mesures concrètes, attendent désormais des actes.