La mère de Lyhanna, une enfant de 11 ans dont le corps a été découvert le 4 juin 2026, a engagé une action en justice contre l'État et l'ancien garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Cette plainte vise à dénoncer les défaillances dans le suivi des signalements pour viol qui visaient Jérôme Barella, l'homme suspecté d'être impliqué dans la disparition et la mort de la fillette.

Des plaintes classées sans suite malgré des éléments accablants

Les investigations ont révélé que plusieurs plaintes pour viol sur mineure avaient été déposées contre Jérôme Barella avant les faits. Une procédure, initiée en septembre 2025, avait déjà donné lieu à un examen médico-légal de la plaignante, lequel avait mis en évidence des lésions « compatibles avec des viols ». Pourtant, cette procédure avait été transmise par courrier entre deux parquets, ce qui a entraîné un classement sans suite. Les proches de la victime et plusieurs associations de protection de l'enfance dénoncent un manque de coordination et de réactivité des services judiciaires.

Une inspection administrative en cours

Face à ces révélations, une inspection administrative a été diligentée pour faire la lumière sur les « dysfonctionnements » dans le traitement de ces plaintes. Les premiers éléments de cette inspection, rendus publics le 20 juin 2026, pointent des lacunes dans le circuit de transmission des signalements entre les juridictions. Le rapport note que le courrier contenant la plainte pour viol a été acheminé par voie postale entre les parquets, sans suivi ni accusé de réception, ce qui a contribué à son classement sans suite.

La plainte contre l'État et l'ancien ministre

La mère de Lyhanna, assistée de son avocat, a donc déposé une plainte contre l'État pour « défaut de protection des mineurs » et contre Gérald Darmanin, ancien ministre de la Justice, pour « négligence dans l'exercice de ses fonctions ». Les plaignants estiment que les défaillances dans le système judiciaire ont indirectement permis au suspect de rester en liberté et de commettre les faits reprochés. Cette action en justice vise à obtenir la reconnaissance des erreurs commises et à empêcher que de tels drames ne se reproduisent.

Le suspect placé sous contrôle judiciaire

Jérôme Barella, mis en examen dans le cadre de l'enquête sur la disparition de Lyhanna, a été placé sous contrôle judiciaire strict le 4 juin 2026. Il lui est interdit de se rendre dans le département où réside la famille de la victime et de paraître à proximité des lieux fréquentés par des mineurs. Une nouvelle plainte pour viol sur mineur a également été déposée à son encontre, et les différentes procédures ont été regroupées pour permettre une instruction globale.

Des réformes réclamées par les associations

L'association La Voix de l'enfant, qui suit le dossier depuis le début, a réclamé des « mesures urgentes » pour améliorer la prise en charge des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Elle demande une numérisation systématique des échanges entre parquets et un suivi automatisé des signalements, afin d'éviter les pertes de procédure. L'association a également interpellé le gouvernement sur la nécessité de renforcer les moyens alloués aux services judiciaires en charge de ces dossiers.

Le contexte de l'affaire

Lyhanna, âgée de 11 ans, avait disparu le 30 mai 2026 alors qu'elle jouait près de son domicile. Son corps avait été retrouvé plusieurs jours plus tard, à quelques kilomètres de là, dans un secteur boisé. L'enquête a rapidement orienté les suspicions vers Jérôme Barella, un homme de 43 ans déjà connu des services de police pour des faits de nature sexuelle. L'affaire a suscité une vive émotion dans l'opinion publique et relancé le débat sur la prise en charge des plaintes pour violences sexuelles.