La disparition de Lyhanna, une adolescente de 11 ans, dans le Gers suscite une vive controverse judiciaire. Le principal suspect, un homme de 41 ans, avait fait l'objet d'une plainte pour viols sur mineure dès août 2025, mais n'avait jamais été entendu par les enquêteurs avant les faits qui lui sont aujourd'hui reprochés. Face à ce qu'il a qualifié de possibles « dysfonctionnements », le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé, ce mercredi, l'ouverture d'une enquête administrative.
Une plainte restée sans audition pendant près d'un an
Selon des informations concordantes, la plainte pour viols visant Jérôme Barella avait été déposée à l'été 2025. Les services judiciaires n'avaient cependant pas procédé à l'audition du suspect dans le cadre de cette procédure. Ce délai interroge sur la chaîne de traitement des signalements pour violences sexuelles sur mineurs. L'avocate Carine Durrieu Diebolt, interrogée sur ce point, a estimé que ce cas illustrait un « dysfonctionnement » plus large de l'État dans la gestion des dossiers de violences sexuelles commises sur les enfants et les femmes, estimant que « la justice ne priorise ni les investigations, ni la protection des enfants ».
Les recherches se poursuivent, le suspect incarcéré
Parallèlement à cette enquête interne, les investigations pour retrouver Lyhanna se poursuivent activement. L'adolescente a disparu vendredi dernier dans le département du Gers. Le suspect, âgé de 41 ans, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration et placé en détention provisoire. Les autorités n'ont pas communiqué d'élément nouveau sur l'état des recherches ni sur le sort de l'enfant.
Une enquête administrative pour éclaircir les responsabilités
L'enquête administrative annoncée par Laurent Nuñez aura pour mission d'« identifier d'éventuels dysfonctionnements » dans le traitement de la plainte de 2025. Elle devra déterminer si des failles procédurales ou des manquements individuels ont contribué à ce qu'aucune audition n'ait eu lieu avant la disparition de Lyhanna. Cette démarche vise à tirer les leçons de cette affaire et à améliorer la protection des mineurs victimes de violences sexuelles, un sujet régulièrement pointé du doigt par les associations et les professionnels du secteur.