Une enquête administrative a été ouverte par la place Beauvau après la révélation qu’une plainte pour viols visant Jérôme B. — le principal suspect dans la disparition de Lyhanna — n’avait pas donné lieu à une audition de l’intéressé. Le ministre de l’Intérieur a annoncé, ce mercredi 3 juin, une recherche destinée à identifier « d’éventuels dysfonctionnements » dans le traitement de cette procédure.
Le suspect, âgé d’une quarantaine d’années, avait été signalé aux autorités judiciaires à la suite d’une plainte déposée en août 2025 par la famille d’une enfant de 10 ans, victime présumée de viols. Selon le parquet, cette plainte a bien été enregistrée, mais Jérôme B. n’a jamais été entendu par les enquêteurs dans le cadre de cette affaire. Le dépôt de cette plainte avait été confirmé par la justice mardi.
Un passé judiciaire sous surveillance
Avant sa mise en examen pour enlèvement, le suspect figurait déjà dans les fichiers des services de police et de la justice. Son nom était connu des autorités dans le cadre de l’enquête sur ces faits de viols sur mineure. Cependant, l’absence d’audition pose la question de la réactivité et de la coordination entre les services.
L’enquête administrative, diligentée par le ministère de l’Intérieur, devra déterminer si des manquements ont eu lieu dans le suivi de cette plainte, et en particulier pourquoi le suspect n’a pas été convoqué malgré la gravité des accusations portées contre lui.
La disparition de Lyhanna
Lyhanna, une collégienne du Gers, a disparu dans des circonstances encore floues. L’enquête a rapidement conduit à la mise en examen de Jérôme B. pour enlèvement. L’homme, au profil trouble selon les premiers éléments communiqués, était déjà connu pour des antécédents de violences sexuelles sur mineure, ce qui a suscité une vive émotion et des interrogations sur le fonctionnement de la chaîne judiciaire.
Les investigations se poursuivent, tant sur le fond de l’affaire que sur les éventuels dysfonctionnements administratifs. La famille de la victime présumée de viols, ainsi que celle de Lyhanna, attendent des réponses claires sur la manière dont ces signalements ont été traités.
Réactions et implications
L’annonce de cette enquête administrative intervient alors que l’opinion publique et les associations de défense des droits des enfants s’alarment de la lenteur et des lacunes possibles dans le traitement des plaintes pour violences sexuelles. Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une réforme du traitement de ces affaires sensibles, notamment lorsqu’elles concernent des mineurs.
Le ministre de l’Intérieur, sans se prononcer sur le fond, a souligné la nécessité de faire toute la lumière sur le déroulement de la procédure. L’enquête administrative devra établir si l’absence d’audition de Jérôme B. résulte d’une erreur individuelle, d’un défaut d’organisation ou d’une insuffisance de moyens.
Prochaines étapes
En attendant les conclusions de cette investigation interne, l’enquête judiciaire concernant la disparition de Lyhanna et les accusations de viols sur mineure se poursuit. La mise en examen de Jérôme B. pour enlèvement reste le volet central de cette affaire, qui pourrait connaître de nouveaux développements dans les jours à venir.
L’affaire Lyhanna devient ainsi un cas d’école sur la gestion des plaintes pour violences sexuelles et la coordination entre police, justice et services sociaux. Les résultats de l’enquête administrative sont attendus avec impatience par les familles et les observateurs.