Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a réuni ce lundi 15 juin l'ensemble des recteurs d'académie afin de rappeler l'obligation de diffuser systématiquement le guide de signalement des faits à caractère sexuel dans les établissements scolaires. Cette réunion intervient après le meurtre de Lyhanna, qui continue de susciter une vive émotion et de nombreuses interrogations sur la protection des mineurs.

Selon le ministre, l'Éducation nationale est « le premier signaleur de France à la justice », avec près de 80 000 signalements effectués chaque année. Il a également indiqué attendre la mise en place d'une « liste noire » des personnels interdits d'exercer au contact de mineurs après des comportements inappropriés. Cette mesure, qui devrait figurer dans le projet de loi sur la protection de l'enfance, empêcherait toute réintégration au sein de l'Éducation nationale avant même une éventuelle condamnation pénale.

Concernant le principal suspect, le ministre a confirmé qu'un signalement avait été effectué il y a cinq ans après des échanges de SMS avec une élève alors qu'il travaillait comme agent de la région dans un établissement scolaire. Suspendu puis licencié, il n'aurait toutefois pas fait l'objet d'un signalement aux autorités judiciaires, un point désormais vérifié par les services. Édouard Geffray assure qu'aucun élément ne permet, à ce stade, de conclure à une défaillance de l'Éducation nationale, tout en affirmant vouloir « tout décortiquer » pour comprendre le déroulement des faits.

Mobilisation des associations

Dans le même temps, une coalition réunissant près de 150 associations et syndicats appelle à des rassemblements ce lundi devant les tribunaux de nombreuses villes françaises, ainsi que devant le ministère de la Justice à Paris. Les organisateurs réclament l'adoption rapide d'une loi-cadre contre les violences faites aux femmes et aux enfants, assortie de moyens renforcés. Ils demandent notamment un durcissement des sanctions contre les auteurs de violences sexuelles sur mineurs et une accélération des enquêtes judiciaires concernant les crimes commis sur des enfants.

Une grande manifestation nationale est également prévue le 4 juillet afin de maintenir la pression sur les pouvoirs publics. Pour les associations, l'affaire Lyhanna doit marquer un tournant dans la protection des enfants et la lutte contre les violences sexuelles en France.

Des mesures en préparation

Le gouvernement entend tirer les enseignements de cette affaire. La réunion des recteurs s'inscrit dans cette démarche, visant à uniformiser les procédures de signalement. Le ministre a rappelé que le protocole diffusé en mars doit permettre aux personnels de signaler les situations préoccupantes de manière homogène et rapide. Par ailleurs, la création d'une commission d'enquête parlementaire a été évoquée par la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.

L'affaire Lyhanna relance le débat sur la protection des mineurs et l'efficacité du système judiciaire. Les associations estiment que les réponses actuelles sont insuffisantes et exigent des actions concrètes. Le ministre, de son côté, se veut rassurant tout en reconnaissant la nécessité d'améliorer les dispositifs existants.